Haro sur la "cagnotte" des marges sur le poulet et le lait

le 25 janvier 2011 à 16h53 , mis à jour le 25 janvier 2011 à 17h12

UFC-Que Choisir dénonce une "cagnotte" captée selon elle par les industriels et les distributeurs à travers l'évolution des marges brutes de ces deux produits alimentaires, au détriment des consommateurs et des agriculteurs.

 rayon supermarché

Le lait et le poulet, nouveaux indices du manque de transparence dans les prix de la grande distribution ? L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé mardi lors d'une conférence une "cagnotte" captée selon elle par les industriels et les distributeurs à travers l'évolution des marges brutes de ces deux produits alimentaires, au détriment des consommateurs et des agriculteurs.
 
Alors que les prix des matières premières agricoles, très volatils ces dernières années, flambent de nouveau, et que leur répercussion sur les étiquettes, en cours, est annoncée comme "inéluctable", l'association a étudié l'évolution des prix de deux produits peu transformés, le lait et le filet de poulet depuis 2000. Elle en déduit que "les hausses de prix agricoles sont systématiquement répercutées en rayon" mais que leurs baisses "ne sont pas ou mal répercutées".

Absence de logique économique
 
Ce sujet est d'autant plus sensible que l'alimentation, troisième poste budgétaire des ménages après le logement et les transports, représente 13,5% de leurs dépenses, et même 17% pour les 10% de ménages les plus modestes, souligne Alain Bazot, président d'UFC-Que Choisir. Et ce budget est "pratiquement incompressible".
 
Dans le détail, en analysant l'évolution des marges brutes du lait depuis 2000, l'association a calculé que le consommateur avait subi depuis neuf ans "une dépense supplémentaire de 1,6 milliard d'euros" et de 7,7 milliards d'euros pour le poulet, indique Olivier Andrault, chargé de mission sur l'alimentation. "Comment on pourrait ne pas s'indigner devant cette absence de toute logique économique dans la formation des prix ?", déclare de son côté le président de l'association. A noter que les marges brutes sont à différencier des bénéfices, car il faut déduire de ces marges les charges, les coûts salariaux, l'énergie.

Confiscation de la baisse des prix
 
Quoiqu'il en soit, les bénéfices demeurent substantiels. Et il n'en faut pas plus au président d'UFC-Que Choisir pour dénoncer cet état de fait. Ces dernières années, "on a assisté à une confiscation de la baisse des prix agricoles au détriment des consommateurs qui a permis aux intermédiaires de se constituer une cagnotte faramineuse", estime-t-il.

Il demande en conséquence "que l'Observatoire des prix et des marges identifie d'urgence enfin les causes réelles de l'inflation des marges brutes de l'industrie et de la distribution". Au-delà, il souhaite que les pouvoirs publics mettent en place "un coefficient multiplicateur sur les prix des produits alimentaires bruts ou peu transformés". En clair, l'UFC-Que Choisir veut la création d'un rapport entre le prix d'achat et le prix de vente avec une limitation de l'écart appliquée d'autorité.

le 25 janvier 2011 à 16:53
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

14 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • cqfd28, le 27/01/2011 à 23h33

    Moi je paie les produits de base toujours plus chers . la grande distribution s'en met plein les poches,et nos paysants sont payer une misere pour leur travail .

  • cathyrurale, le 26/01/2011 à 11h59

    Et j'ajouterai que, si, les grandes surfaces sont des intermédiaires puisque le consommateur est le dernier. Donc CQFD il sont aussi responsable des prix.

  • kosotto1, le 26/01/2011 à 09h41

    Vous avez raison, en ce qui me concerne, mes achats dans la grande distribution sont de moins en moins importants.

  • kosotto1, le 26/01/2011 à 08h47

    Tous ces industriels et la grande distribution volent en toute impunité les producteurs et les consommateurs. Mais ce n'est pas une vérité bonne à dire et je vais avoir tous les pro-patronat sur le dos (ce dont je me fiche par ailleurs comme de ma première dent) . Dénoncer toute ces combines relève de l'intérêt public.

  • freud1954, le 26/01/2011 à 07h54

    Pour avoir travaillé avec l'héritère de la famille Mulliez , vous devriez vous renseigner davantage car leur fortune - ils n'ont volé personne , soit dit au passage ! - ne provient pas uniquement de l'alimentaire car ils ont su se diversifier dans d'autres secteurs à une époque où les marchés n'existaient pas (castorama , conforama etc..) le fait qu'ils soient implantés en Belgique est peut-etre lié à leurs origines , non ?? c'est dingue comme on peut etre jaloux de la réussite en France , alors que ce devrait etre un moteur de dynamique personnelle ! il y aura toujours des frustrés décidément !

  • d1v2, le 26/01/2011 à 07h00

    Le probleme est que l etat n'a pas un gros pouvoir la dessu (voir pas du tout) Il n y a que nous consommateur qui en se rassemblant pourions faire quelque chose.

  • loodh, le 26/01/2011 à 06h09

    Ce n'est pas par hasard que la famille Mulliez ( AUCHAN) est l'une des premières fortune de France et qui vivent tous en Belgique ...

  • natombi, le 26/01/2011 à 04h42

    Moi je ne dis et ne dirais qu'une chose. En tant que consommateur je trouve celà pas très correct de ne répercuté les prix que vers le haut. Et d'un autres côté les entreprises ne sont pas là pour faire du social mais du bénéfice et ce qu'importe les moyens. Donc si les consommateur ne font "que" grogner contre les hausses des prix mais ne font rien de concret, ou tant que l'Etat ou la justice n'aura pas mis leurs né la dedans, je trouve normal qu'il cherche à amasser de l'argent.

  • nanardesbordes, le 26/01/2011 à 03h42

    Freud1954, moi j'ai bien lu l'article , il y a d'un coté les éleveurs et les agriculteurs et de l'autre les consommateurs , entre les deux il y a des parasites d'accord , mais aussi les grandes surfaces. Vous n'allez pas les mettre au même rang que le consommateur ? je serais favorable au coèff sur les marchandises, à chaque étape de la distribution , bien que je pensais que cela existait depuis longtemps !

  • freud1954, le 26/01/2011 à 00h33

    Vous mélangez tout et ne prenez pas le temps de lire les articles ! "au détriment des consommateurs qui a permis aux intermédiaires de se constituer une cagnotte faramineuse " ce ne sont donc pas les grandes surfaces les principales responsables de ces augmentations , mais tous ces parasites qui gravitent entre les agriculteurs et les grandes surfaces justement !

Lire tous les commentaires

      logAudience