C'est une barre symbolique que les automobilistes du 4e arrondissement de Paris auraient sans doute préféré ne pas franchir. Le site spécialisé Carbeo rapporte, mardi, qu'une station située dans un parking de la rue Saint-Antoine, près de la place de la Bastille, pratiquait des prix inédits. Un litre de sans plomb 95 s'y vendait ainsi 2,020 euros.
La veille, les prix de l'essence sans plomb à la pompe avaient de nouveau battu des records selon des chiffres publiés par le ministère du Développement durable. Les prix moyens du litre de super sans plomb 95 et de super sans plomb 98 ont tous les deux grimpé la semaine dernière. Un litre de SP 95 coûtait ainsi 1,6211 euro en moyenne tandis qu'un litre de SP 98, qui ne représente que 5% de la consommation française, revient en moyenne à 1,6610 euro. Des tarifs inédits. Le SP 95 avait atteint son plus haut niveau la semaine achevée le 24 février à 1.6094 tandis que le SP 98 l'avait enregistré à 1,6493 la semaine achevée le 2 mars.
Les consommateurs subissent de plein fouet ces hausses répétées depuis la fin 2011. En cause? La combinaison de tensions géopolitiques, comme en Iran ou au Nigéria, qui maintiennent les cours du pétrole brut à des niveaux très élevés, et de l'affaiblissement de l'euro par rapport au dollar. Une combinaison qui a pour conséquence d'amplifier le coût de "l'or noir", qui n'a jamais aussi bien porté son nom.
| Le port de Sète bloqué ? |
Une cinquantaine de patrons de chalutiers et de marins-pêcheurs se sont rassemblés mardi soir sur le port de Sète pour protester contre le surcoût induit par le prix du gasoil et ont annoncé, après une réunion infructueuse avec le préfet, partir bloquer le port de Sète. "40 à 50 chalutiers mouillent dans le port, il n'y a pas de blocage. Les patrons et les marins-pêcheurs sont rassemblés tranquillement devant les locaux de la délégation de la mer et du littoral, où une délégation est reçue", a dit le commissaire Luc Tarayre, commandant la circonscription de la Sécurité publique de Sète. "Il nous est impossible de rembourser les aides européennes perçues dans le passé. Sur ce problème, se greffe depuis ces dernières semaines l'explosion du prix du gasoil qui aggrave la situation financière des propriétaires-marins, des dizaines d'entre-nous vont mettre la clé sous la porte, il faut que le gouvernement nous entende et nous aide", a expliqué Raphaël Scanapiecco, joint par téléphone par l'AFP, l'un des patrons thoniers qui fait partie de la délégation reçue par le délégué du littoral et de la mer. Il s'agit de marins-pêcheurs des prud'homies de Sète et d'Agde (Hérault), du Grau-du-Roi (Gard), de Port-de-Bouc et Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône), de Port-la-Nouvelle (Aude) et de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales). Au total, 700 propriétaires de chalutiers français, dont ceux qui sont rassemblés à Sète, doivent rembourser 87 millions d'euros d'aides européennes accordées entre 2004 et 2008 pour compenser à l'époque l'augmentation énorme du prix du gasoil, déclarées illégales par la suite, a dit Nicolas Honoré, sous-préfet et directeur de cabinet de Claude Baland, préfet de l'Hérault. En soirée, une délégation a été reçue par Frédéric Blua, délégué à la mer et au littoral à la direction départementale des Territoires et de la Mer. Une source policière a confirmé à l'AFP, peu après 22H30 que des bateaux se mettaient en place pour le blocus dans le port de Sète. |






