Les prix des carburants à la pompe ont grimpé en France à de nouveaux sommets historiques vendredi, selon des données publiées mardi par le ministère du Développement durable. Le prix moyen du litre de super sans plomb 95 a grimpé à 1,5787 euro, tandis celui du super sans plomb 98 (dont les ventes sont très inférieures au SP95) s'est élevé à 1,6184 euro, dépassant ainsi tous deux les niveaux records établis une semaine plus tôt, d'après les chiffres compilés par la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC).
Le gazole à quant à lui progressé à 1,4180 euro le litre vendredi contre 1,3960 la semaine précédente. Mais il reste en-dessous de son plus haut de l'année (1,4240 euro le 13 janvier), et de son record historique du printemps 2008 (1,4541 euro). Ces prix de vente sont des moyennes nationales calculées par la DGEC à partir de données fournies par les stations-services. Les ventes de gazole représentent environ 80% de la consommation française de carburants automobiles, le super sans plomb 95 un peu moins de 15% et le super sans plomb 98 autour de 5%.
"A court terme ça peut baisser"
Depuis la fin 2011, les prix de l'essence caracolent de record en record en France, propulsés par un double effet : des tensions géopolitiques (Iran, Nigeria...) qui maintiennent les cours du pétrole brut à des niveaux très élevés, et l'affaiblissement de l'euro par rapport au dollar, qui amplifie le coût de l'or noir une fois sa valeur convertie dans la monnaie unique. Cette flambée a déjà fait des vagues en pleine campagne présidentielle. Le candidat socialiste François Hollande a proposé le mois dernier un "blocage temporaire du prix de l'essence", accompagné d'une restauration de la TIPP flottante. La majorité a balayé l'idée de telles mesures, qualifiées de "solution du passé".
Interrogé sur RTL sur cette envolée des prix à la pompe peu avant l'annonce des derniers records, le PDG de Total Christophe de Margerie a estimé mardi que la meilleure manière de faire baisser l'essence était d'investir pour trouver de nouveaux gisements. "Plus il y aura de pétrole, plus les prix seront maintenus bas", a-t-il dit, critiquant au passage l'idée d'un blocage des prix. "Pour n'importe quel produit, ce n'est pas une bonne chose de bloquer les prix" et "c'est automatiquement le budget de l'Etat qui en souffrira", a-t-il souligné. Le patron de Total a fait remarquer que son groupe contrôlait un peu moins de 20% des stations-françaises, et que plus de la moitié de celles-ci fixent elles-même leurs tarifs.
Il a par ailleurs estimé que les prix pourraient reculer grâce au redoux en cours. "A court terme ça peut baisser. Quand il fait moins froid, les prix baissent. Aujourd'hui, une des raisons parmi d'autres de la hausse des prix à la pompe, c'est le climat, les temps extrêmes qu'on a connus ces derniers temps".






