La citadine 208 dévoilée par Peugeot à Poissy dans les Yvelines, le 27 janvier 2012. © AFP/T.SamsonC'est officiel, à partir du printemps, la citadine 208 sera disponible dans les concessions. PSA Peugeot Citroën a inauguré vendredi le lancement de son nouveau modèle sur le site de Poissy dans les Yvelines. Actuellement en difficulté en Europe, le premier constructeur automobile français espère faire de la 208 une de ses voitures phares. Il s'agit "d'un lancement majeur pour le groupe", a déclaré le président du directoire, Philippe Varin, venu accompagné du ministre de l'Industrie Eric Besson au moment où la défense de la production industrielle en France est devenue un thème important de la campagne électorale. Le nouveau modèle "s'inscrit dans la lignée des grands succès de Peugeot", a ajouté Philippe Varin.
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PSA Peugeot Citroën compte beaucoup sur ce nouveau modèle, héritier de l'emblématique 205 et remplaçant des 206+ et 207, pour relancer ses ventes. Il sera vendu dans une version trois portes, entre 12.000 et 20.000 euros, selon les modèles. Le constructeur automobile français espère vendre 550.000 exemplaires de sa 208 à travers le monde, "dont probablement 400.000 en Europe", a déclaré Philippe Varin. Avec elle, le groupe "vise 40% des ventes de la marque", a-t-il ajouté. Interrogé sur la rentabilité des petites voitures produites en Europe, le dirigeant a assuré que "cela peut être rentable si c'est une voiture dont le niveau de qualité est remarquable".
Redresser la situation grâce à l'internationalisation
Les sites de Poissy et de Mulhouse dans le Haut-Rhin, d'où sortent actuellement les 207, se chargeront de la production de la citadine 208. En Europe, elle sera aussi fabriquée à Trnava, en Slovaquie mais pas dans l'usine de Madrid où sont montées actuellement des 207, selon le groupe. PSA espère ainsi conserver son poids important dans le secteur des citadines, également appelé segment B, à l'heure où sortira la quatrième génération de Clio de son concurrent national Renault, qui sera dévoilée au salon de Paris à l'automne.
Ceci est d'autant plus crucial que le deuxième constructeur automobile européen, derrière l'allemand Volkswagen, a vu ses ventes mondiales décliner de 1,5% l'an dernier à 3,5 millions d'unités. La chute a été beaucoup plus brutale en Europe avec -6% d'immatriculations. Ceci s'explique par la conjoncture difficile en Europe du Sud mais aussi par la concurrence faite à sa 207.
PSA espère redresser la situation grâce à son internationalisation et à la montée en gamme de ses modèles, illustrée par la ligne DS chez Citroën ou encore la 508 et la 3008 chez Peugeot. Cette politique de développement ne doit toutefois pas peser sur ses comptes alors que le groupe a prévenu qu'il avait subi une perte significative dans sa branche automobile au second semestre 2011. Cette situation l'a amené à concevoir un plan d'économies de 800 millions d'euros cette année, dont la moitié tirée sur les frais fixes. Ceci va se traduire par la suppression de 6.000 postes en Europe, dont 4.300 en France, à la fois dans les effectifs de PSA mais aussi chez des prestataires extérieurs.
A leur arrivée vendredi dans l'atelier de montage de la 208, Philippe Varin et Eric Besson ont été interpellés par plusieurs représentants de la CGT venus manifester leur inquiétude au sujet de l'avenir du site d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, l'un des plus touchés par les suppressions de postes. Ils brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "Assez de cadeaux aux patrons", "Non à la précarité".
Interrogé par le secrétaire général de la CGT Poissy, Farid Borsali, sur l'organisation d'une réunion tripartite (ministère-direction-syndicats) au sujet d'Aulnay, le ministre de l'Industrie a répondu : "vous serez invités très vite".
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