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DOSSIER : Le nucléaire

Sortir la France du nucléaire ? La facture bondirait...

Edité par
le 31 janvier 2012 à 10h54 , mis à jour le 31 janvier 2012 à 21h41.
Temps de lecture
5min
Greenpeace investit la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine

Neuf militants de l'organisation Greenpeace s'étaient introduits dans la centrale nucléaire de l'Aube, à Nogent-sur-Seine en décembre 2011. / Crédits : TF1/LCI

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ConsommationSelon la Cour des Comptes, prolonger la durée de vie des centrales nucléaires au-delà de 40 ans semble inévitable sauf à accepter des investissements difficilement réalisables. Pour le Commissariat à l'Energie Atomique, l'éventualité d'une sortie complète du nucléaire ferait doubler le prix du mégawattheure.

La Cour des comptes a rendu son rapport sur le nucléaire. Et ses conclusions sont claires: prolonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises au-delà de 40 ans semble inévitable sauf à accepter des investissements difficilement réalisables ou une baisse de la consommation d'électricité. Vingt-deux des 58 réacteurs français, représentant environ 30% de la puissance nette du parc, atteindront leur quarantième année de fonctionnement d'ici à la fin 2022, rappelle la Cour.

Dans son communiqué, la Cour précise qu'elle "rassemble toutes les données factuelles disponibles actuellement sur les éléments qui constituent les coûts, passés, présents et futurs de la production d'électricité nucléaire en France, sans prise de position ni sur le niveau souhaitable de cette production, ni sur les modalités de son financement". Dans son rapport, commandé par le Premier ministre François Fillon, elle précise qu'il semble difficile que "les investissements énergétiques de remplacement ou de substitution du parc actuel, quel que soit le dispositif choisi (économies d'énergie, autres sources d'énergie, nouveau réacteur nucléaire), puissent être réalisés dans un délai n'imposant pas une prolongation de tout ou partie du parc actuel au-delà de quarante ans".

Au coeur de la présidentielle

Ces conclusions interviennent alors que l'opportunité de fermer certaines centrales ou de prolonger leur durée de vie s'est imposée comme un sujet majeur du débat de la campagne électorale pour la présidentielle. Le gouvernement a fait savoir qu'il entendait poursuivre l'exploitation du nucléaire. François Hollande s'est engagé à ne fermer que la centrale nucléaire de Fessenheim au cours du prochain quinquennat s'il est élu président de la République. François Hollande, qui a ainsi pris ses distances avec un accord électoral difficilement conclu entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts prévoyant de fermer 24 des 58 réacteurs français d'ici à 2025, souhaite en outre ramener la part de l'électricité nucléaire en France de 75% à 50% à l'horizon 2025. Il s'est également engagé à achever le chantier de l'EPR de Flamanville mais ne lancera pas celui de Penly, programmé par le gouvernement.

Dans son rapport, la Cour des comptes réclame "des orientations de la politique énergétique à moyen terme, publiquement connues et utilisablespar tous les acteurs du secteur". "En effet, ne pas prendre de décision revient à faire un choix, celui de faire durer le parc actuel au-delà de 40 ans", ajoute-t-elle. Le ministère de l'Energie a réagi à ces remarques en faisant valoir que "la problématique soulevée (avait) déjà bien entendu été identifiée dans la programmation pluriannuelle des investissements, qui sera mise à jour au cours de la prochaine législature, conformément à la loi".

Energies renouvelables : ça coincerait sur les éoliennes

Parallèlement, le Commissariat à l'Energie Atomique a établi un scenario de sortie du nucléaire. Et son calcul aboutit à la conclusion suivante : il en coûterait 530 à 772 milliards d'euros, soit environ le triple d'un scénario de statu quo (178 milliards à 212 milliards d'euros). Le service d'évaluation économique du CEA, l'Itese, a comparé le scénario où le nucléaire reste à son niveau actuel d'environ 74% (plus 11% d'hydraulique, 10% d'éolien, 2% de solaire et 2% de gaz) et celui d'une "sortie" d'ici 2025 vers un modèle également à faible émission de carbone (60% éolien, 12% solaire, 12% hydraulique et 16% gaz), explique le patron du CEA Bernard Bigot, dans Les Echos. Conséquence sur le prix de l'électricité: alors que le scénario nucléaire donne un coût du mégawattheure à 62 euros en 2025, le scénario de sortie aboutit à un coût deux fois plus élevé à 124 euros, selon les chiffres du CEA, bras scientifique de l'"équipe de France" du nucléaire (EDF, Areva...).

Interrogé par Les Echos sur l'objectif défendu par François Hollande de ramener le nucléaire à 50% de l'électricité française d'ici à 2025, Bernard Bigot répond: "Pourquoi pas? Mais pas de manière  précipitée. Ce serait trop rapide de le faire d'ici à 2025 dans le contexte  budgétaire et technique". Par ailleurs, selon l'étude du CEA publiée sur Internet, "le caractère réaliste du scénario de très fort développement des énergies renouvelables, éolien notamment, n'est actuellement pas totalement avéré", du fait du problème de la production électrique intermittente et de l'acceptabilité d'un nombre très important d'éoliennes.

Un rapport repris par le gouvernement

François Fillon a salué le rapport remis mardi par la Cour des comptes sur le coût du nucléaire et promis que le gouvernement reprendrait désormais régulièrement à son compte cet "exercice de transparence". Ce rapport "constitue une première référence mondiale depuis la construction du parc électro-nucléaire français", a salué le Premier ministre dans un communiqué. Il a demandé à la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, de "procéder aux audits correspondants et aux évaluations complémentaires nécessaires". "Les choix sur la durée de fonctionnement des centrales nucléaires ou la construction de nouveaux réacteurs revêtant un caractère stratégique et déterminant sur les coûts de la filière, ils seront précisés dans le cadre de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) élaborée à partir de l'été 2012", ajoute le communiqué de Matignon.

Le ministre de l'Energie, Eric Besson, a jugé que "le mythe du coût caché du nucléaire s'effondre", et que la Cour avait confirmé la compétitivité de l'atome. A l'inverse, la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle, Eva Joly, a estimé qu'après le "mythe de l'indépendance énergétique" et celui "de la technologie sûre", "c'est le mythe du nucléaire énergie pas chère qui s'effondre".

Commenter cet article

  • zen1494 : Moi, je dis, bon courage à ceux qui se chauffent au fuel ou au gaz....

    Le 02/02/2012 à 09h55
  • hb03210 : Raison de plus pour commencer immédiatement. Sinon, sûr qu'au moins une de nos magnifiques centrales nous pètera au nez avant 30 ans.

    Le 02/02/2012 à 00h00
  • erikbenne : C'est du vent tout ça.

    Le 01/02/2012 à 09h06
  • yvespekin : Bien vu martine , cecile, eva et danny!! le seul a gauche qui avait que c'etait une folie c'est Rocard! Francois lui n'avait pas d'avis (ils ont decide pour lui) mais ca c'est " Normal"

    Le 01/02/2012 à 05h43
  • freud1954 : @shebaca+@josfi7+@claudcouledouce = ok donc nos aieux vivaient moins bien , à vous écouter tous ?? désolé , mais je pense exactement le contraire !!

    Le 01/02/2012 à 00h23
      Nous suivre :
      Il marque 4 paniers en 30 secondes et empoche… 10.000 dollars !

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