L'assemblée nationale lors de l'examen de l'article de loi sur la privatisation de GDF, le 25 septembre 2006 © TF1/LCICa sentait le gaz à l'Assemblée, au propre comme au figuré. Dans un climat électrique, les députés se sont penchés ce lundi sur le projet de loi sur l'énergie avec l'examen de l'article clé privatisant GDF, alors qu'une "fuite" de gaz - qui n'était selon l'entreprise que la diffusion volontaire d'une particule odorisant le gaz - a provoqué la confusion. Quelques locaux ont été évacués et l'arrivée de certains députés a été retardée.
Le débat s'est très vite enflammé dans un hémicycle très peu garni où les socialistes n'étaient qu'une petite quinzaine (une trentaine du côté de l'UMP). Les élus PS avaient pourtant décrété la mobilisation générale et quasiment tous leurs présidentiables étaient inscrits dans la discussion générale. Le ministre de l'Economie, Thierry Breton, est monté au créneau pour s'élever contre l'alternative proposée par l'opposition d'une fusion GDF-EDF, tandis que le président UMP de la commission des Affaires Economiques, Patrick Ollier, demandait une longue suspension de séance.
Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn sont intervenus pour dénoncer le texte. Le numéro un du PS François Hollande, présent sur les bancs, n'a pas pris la parole contrairement à ce qu'il avait prévu, comme Jack Lang qui, dans les couloirs, a fustigé un "forfait contre la démocratie et la nation".
32.505 amendements
Pour l'UDF, hostile à la privatisation de GDF, son unique représentant, Jean Dionis du Séjour, a défendu des solutions alternatives à la fusion avec Suez et, pour le PCF, Daniel Paul a redit son opposition au texte. Les élus de l'UMP, à l'instar de Patrick Ollier ou de Pierre Lellouche, ont ironisé sur la présence des "ténors du PS" dans l'hémicycle, faisant remarquer que depuis "trois semaines" ils avaient délaissé les débats.
A 18h30, les députés ont achevé la discussion générale. Et ils avaient examiné à la levée de la séance lundi soir 66 amendements sur les 32.505 déposés concernant l'article 10, un record sous la Ve République... De la pugnacité de l'opposition à les défendre dépendra la durée des débats.
Cet article prévoit de ramener de "plus de 70%" à "plus du tiers" la part de l'Etat dans le capital de GDF. Après l'article 10, il restera encore 7 articles en discussion. Si les débats continuent sur le même rythme, il est possible que les députés parviennent à achever l'examen du texte avant la fin de la semaine Dans ce cas, son vote pourrait être maintenu au 3 octobre. Le même jour, les syndicats de l'énergie (CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont appelé à une manifestation nationale à Paris et prévu des arrêts de travail.
D'après agence
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