En octobre 2003, les ex-salariés de Palace Parfums devant les Prud'hommes de Dieppe © DRTrois ans et demi après les faits, le tribunal correctionnel de Dieppe a rendu son verdict. Les deux principaux accusés de l'affaire des "patrons voyous" de Palace Parfums ont été condamnés mardi à 3 ans de prison ferme. Lors des fêtes de Noël de 2002, ils avaient organisé le déménagement des machines de l'entreprise installée à Saint-Nicolas d'Aliermont en Seine-Maritime. Et cela, en cachette des 47 employés qui étaient partis en vacances après avoir bu le Champagne avec le directeur de l'entreprise.
Cette affaire avait donné naissance à l'expression "patrons voyous" employée par le ministre des Affaires sociales et de l'Emploi de l'époque, François Fillon. Ce dernier avait alors estimé qu'il s'agissait d'une "opération frauduleuse (...) passible de sanctions pénales pouvant aller jusqu'à la privation de liberté".
"Jeter de la poudre aux yeux des salariés"
Le couple des Franco-ibanais Peggy Maaz et Nadim Khouri-Klink, a depuis fui la France pour le Liban. Absents à leur procès en juin, ils étaient également absents mardi pour le jugement. Un mandat d'arrêt a été lancé. Le tribunal a ordonné qu'ils payent solidairement une somme de 1,678 million d'euros au liquidateur de la société. Il a accordé une somme 1.500 euros de dommages et intérêts à chacun des 48 salariés qui sont parties civiles.
Ils sont reconnus coupables de "banqueroute, abus de biens sociaux par détournement de matériels, travail dissimulé". Philippe Nanot, dernier directeur de l'entreprise est contraint de participer à l'indemnisation des victimes. Lors du procès, l'avocate des salariés avait rappelé la "confession" de Philippe Nanot, dernier gérant de fait de l'entreprise. "Je devais jeter de la poudre aux yeux des salariés de Palace Parfums pour qu'ils ne se doutent pas du dépôt de bilan", avait-il dit aux enquêteurs.
La lecture du jugement a été accueillie par des manifestations de joie des salariés, venus en nombre. Leur avocate, Me Marie-Pierre Ogel, a exprimé sa satisfaction. "C'est une belle décision. Les salariés vont être contents car leur combat mène à un résultat positif.
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