© DR"En tant qu'(Etat) actionnaire, nous exprimons toute notre confiance sur un plan qui est réaliste, qui est crédible", a déclaré Thierry Breton mardi soir après l'annonce du plan de restructuration d'Airbus par son nouveau PDG, Christian Streiff. "On ne peut pas parler de fiasco" à propos de l'A380, a déclaré le ministre de l'Economie et des Finances, pour qui Airbus et (sa maison mère) EADS sont "une très grande entreprise européenne, un grand succès de l'aéronautique européenne et mondiale". L'A380 est "un projet industriel majeur, il y a des retards, ça peut arriver".
La maison-mère a fini par confirmer l'information mardi. Le programme de livraisons du futur avion géant A380 d'Airbus va subir un nouveau retard "en moyenne d'un an", en raison de problèmes persistants d'industrialisation, a annoncé EADS dans la soirée.
Airbus a révisé son calendrier de livraison sur la période allant de 2007 à 2010. "Le premier exemplaire de série de l'Airbus A380 sera livré au deuxième semestre 2007" à Singapore Airlines, et non plus fin 2006 comme prévu. En 2008, Airbus prévoit de livrer treize exemplaires, puis vingt-cinq A380 devraient sortir des chaînes d'assemblage final en 2009, suivis de 45 autres en 2010, dont les premiers exemplaires de la version cargo. Ces retards devraient se traduire pour le groupe européen d'aéronautique et de défense par 2,8 milliards d'euros de pertes d'exploitation cumulées liées à la production de l'appareil jusqu'en 2010.
Réduire les dépenses de 30%
C'est la troisième fois depuis le printemps 2005 qu'Airbus repousse les livraisons de son programme-vedette, d'un coût estimé à 12 milliards d'euros, victime de problèmes persistants d'industrialisation. Un impact qui s'ajoute aux deux milliards d'euros de manque à gagner attendus d'ici 2010 en raison des précédents retards de l'A380.
Airbus va par ailleurs lancer un programme de réduction des coûts baptisé "Power 08", visant à économiser 2 milliards d'euros par an à partir de 2010. Au programme : réduction "de 30% ses frais de fonctionnement", a indiqué le patron de l'avionneur, Christian Streiff. Dans un entretien au quotidien allemand Hamburger Abendblatt qui paraît jeudi, il déclare que "les coûts des matériaux, de l'assurance qualité et de la partie administrative vont devoir être réduit de 30%."
Changements pas programmés
"Nous allouerons aussi moins d'emplois aux tâches de conseil et de publicité. Nous devons changer le train de vie d'Airbus", ajoute-t-il. Il affirme également ne pas exclure la possibilité d'allonger la durée du travail, de réduire les salaires et de modifier certaines dispositions en matière de congés, tout en précisant que ces changements n'étaient pas programmés à l'heure actuelle.
Il a également indiqué que l'avionneur déciderait début 2007 au plus tôt de la répartition future du travail sur l'A380 entre ses sites de Hambourg et Toulouse. Il dit ne s'attendre à aucune suppression d'emploi dans les effectifs de production étant donné que les carnets de commandes sont remplis. "Nous allons devoir économiser sur les travailleurs en intérim hors production. Il n'y a encore aucun chiffre. Ils devraient être présentés en novembre si possible", a poursuivi Streiff.
L'analyse de Christophe Barbier était consacrée mercredi matin au plan de restructuration annoncé par Airbus et aux implications des nouveaux retards de livraison de l'A380. Pour regarder la vidéo, cliquer ici. |
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L'analyse de Christophe Barbier était consacrée mercredi matin au plan de restructuration annoncé par Airbus et aux implications des nouveaux retards de livraison de l'A380. Pour regarder la vidéo,
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