Des aides préventives pour les buralistes

le 05 octobre 2006 à 16h02 , mis à jour le 06 octobre 2006 à 09h06

Alors que le Premier ministre doit annoncer très prochainement l'interdiction de fumer dans les lieux publics, le gouvernement annonce une série d'aides pour les buralistes.

TF1-LCI - Un bureau de tabacTF1-LCI - Un bureau de tabac © TF1-LCI

Préparer le terrain et prévenir les mécontentements. Le ministre du Commerce a annoncé jeudi au congrès annuel des débitants de tabac la renégociation du "contrat d'avenir". Il s'agit d'un plan d'aide comprenant une enveloppe financière et un gel fiscal. Un tel plan avait été mis en place en 2003 pour soutenir la profession ébranlée par la hausse des prix de la cigarette et devait prendre fin le 31 décembre 2007. Il sera prolongé.

Ces aides devraient s'articuler autour de trois axes : "pérennisation des aides financières au delà de 2007", dispositif adapté pour les buralistes frontaliers, création d'une aide à la modernisation dès 2007 pour diversifier les activités des débitants. Le gouvernement répondrait ainsi aux demandes d'aides réclamées par les buralistes, qui anticipent une nouvelle chute de leur activité avec la future réglementation anti-tabac.

Menaces de mobilisation

Depuis 2003, les ventes de tabac ont chuté de 32% en raison de l'explosion des ventes transfrontalières et face à une augmentation des prix des cigarettes de 45%. Au total, 1500 bureaux de tabac, principalement frontaliers, ont fermé. "Les buralistes ont été suffisamment échaudés par 2003 pour ne pas réagir, être prêts à se mobiliser si nécéssaire, et nous n'avons pas de leçons à recevoir dans ce domaine", a prévenu le président de la Confédération des débitants de tabac, René le Pape. Celui-ci avait menacé de faire descendre les buralistes dans la rue mercredi en prenant connaissance des mesures prônées par la mission d'information sur le tabac.

Lente diversification

Le ministre du Commerce n'a pas manqué de souligner que, sans ces aides, les revenus des buralistes auraient chuté alors qu'ils ont augmenté : en 2005, la profession a perçu 160 millions d'euros d'aides et les revenus des buralistes ont progressé de 19% entre 2002 et 2005. Sans soutien, la progression aurait été "au mieux" de 3%", selon Renaud Dutreil.

Toutefois, contrairement aux clauses prévues dans le contrat d'avenir, l'Etat n'a toujours pas confié les missions de service public promises, qui auraient permis aux buralistes de fournir des informations et documents administratifs ou de vendre des billets de train et de spectacles. Seul le timbre fiscal dématérialisé est actuellement testé.

TF/LCI Winkel chronique de l'économiePlus d'informations sur ce sujet
dans la Chronique de l'Economie
du 6 octobre présentée par Pascale Winkel.
 Cliquez ici pour la voir

le 05 octobre 2006 à 16:02
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