Le premier avion d'Air France atterrissant à l'aéroport de Beyrouth après la levée du blocus aérien, le 8 septembre 2006 © TF1/LCISerait-ce le début d'une guerre du fer et de l'air dans le domaine de l'environnement? Jean-Cyril Spinetta, le président d'Air France-KLM, réfute le système mis en place par la SNCF sur son site Internet pour comparer l'impact de l'avion et du train sur l'environnement. Contrairement aux conclusions de l'"EcoComparateur", selon lui, l'avion ne pollue pas plus que le train.
Ce système mis en place avec l'Agence publique de l'Environnement et de la maîtrise de l'Energie (ADEME), permet de comparer les prix, mais aussi les émissions de gaz à effet de serre des différents modes de transport. "Les chiffres cités sur ce site sont grossièrement faux", a lancé Jean-Cyril Spinetta vendredi lors du Cannes Airlines Forum, qui réunissait du 18 au 20 octobre des professionnels du secteur aérien.
Des chiffres erronés?
Concernant l'émission de gaz à effet de serre, la comparaison avec le train est peu flatteuse pour l'avion. L'"EcoComparateur" présente un indice d'émission de dioxyde de carbone (CO2), dont le mode de calcul est complexe. Sur un Paris-Nice, cet indice est de 7,4 pour un trajet en train contre 206 pour une liaison en avion. Conclusion: le TGV pollue trente fois moins que les moyen-courriers d'Air France.
Mais pour Jean-Cyril Spinetta, les calculs pour obtenir ce résultat exagèrent la consommation d'énergie des avions, tout en minorant l'énergie nécessaire au fonctionnement d'un train à grande vitesse. "Les grammes de CO2 émis par un A320 ou un A319 sont inférieurs de 20% à 40% à ce qui est inscrit sur ce site", argumente-t-il. Selon lui, "sur une ligne comme Paris-Nice, si la SNCF a l'ambition d'avoir une vitesse moyenne de 300 km/h, avec des pointes à 360 km/h, la dépense d'énergie est presque équivalente à celle d'un avion".
Rapport disproportionné dans l'émission de CO2
Le directeur général de Voyages-Sncf.com Mathias Emmerich a aussitôt réfuté vendredi ces critiques sur l'EcoComparateur, jugeant "formidable" que Jean-Cyril Spinetta "s'empare du débat". "Il n'y a pas d'erreur dans nos chiffres, nous prenons en compte des moyennes pour la pollution causée par les avions", a-t-il déclaré. La critique de Jean-Cyril Spinetta "est plutôt une validation du rapport disproportionné qui existe entre l'émission de CO2 de l'avion et celle du fer".
Au-delà de cette polémique avec la SNCF, sa grande rivale sur les liaisons nationales, Jean-Cyril Spinetta reconnaît l'existence d'un "vrai débat" sur les émissions de CO2 du transport aérien. Selon un récent rapport du Parlement européen, entre 1990 et 2003, les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'aviation ont augmenté de 73% dans l'UE, même si elles ne représentent encore que 3% du total de ces émissions.
(D'après agence)
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