Breton s'en prend au silence assourdissant du Medef

le 19 octobre 2006 à 15h40 , mis à jour le 19 octobre 2006 à 16h23

Le ministre de l'Economie et des Finances s'en est violemment pris au manque de réactions du Medef sur les propositions économiques du PS lors du débat entre candidats.

Thierry Breton lors de la présentation du budget 2007Thierry Breton lors de la présentation du budget 2007 © DR

Thierry Breton n'est "pas content". Et il le fait savoir. Le ministre de l'Economie et des Finances, s'est dit jeudi "pas content" du silence des organisations patronales, et en particulier du Medef, après le débat entre les prétendants socialistes à l'investiture présidentielle". M. Breton, qui s'exprimait au cours d'un colloque organisé par l'Association jeunesse entreprises (AJE), a jugé "invraisemblables" les positions défendues par les candidats à la candidature socialiste, Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, citant en particulier les thèmes des 35 heures et des retraites.

Mais c'est le silence du Medef qui l'irrite le plus. "Ceux qui représentent les entreprises, par exemple le Medef, n'arrivent plus à s'exprimer" sur ces sujets, a-t-il déploré. "J'estime que les entreprises, on ne les entend plus, elles ne sont plus très bien représentées, je ne suis pas content", a martelé le ministre. "Quand on ne dit pas les choses que l'on doit dire pour ses entreprises, pour ses mandants, on perd de l'influence". Quand on est chef d'entreprise, "on a besoin d'avoir des instances représentatives solides, responsables, et qui ne perdent pas progressivement du pouvoir comme une peau de chagrin", a insisté Thierry Breton, avant de promettre : "Je me battrai contre cette espèce de somnolence, d'anesthésie générale". Un attaque en règle contre Laurence Parisot.

"Entreprise" et "compétitivité" absents du débat PS

Le Medef a fait valoir jeudi que sa présidente, Laurence Parisot, s'était exprimée sur le débat socialiste mercredi sur la chaîne câblée Public Sénat. Mme Parisot, qui prépare un livre blanc dans la perspective de la présidentielle, a notamment déclaré que ce débat était "une excellente nouvelle pour notre démocratie", même si, a-t-elle ajouté, "il y a des choses que je n'ai pas comprises, il y a des choses qui m'inquiètent pour les entreprises". Elle a notamment regretté de n'avoir "pas assez entendu le mot entreprise" et que "pas une fois le mot compétitivité n'a(it) été prononcé".

Sur les 35 heures, elle a rappelé sa position, selon laquelle il faut "sortir de cette idée que tout doit passer par la loi". Plus largement, elle s'est félicitée du fait que "deux des principaux candidats potentiels à la présidence de la République, d'un côté Ségolène Royal, de l'autre Nicolas Sarkozy, à leur façon tous les deux, redisent l'importance du travail", ce qui est "vraiment une bonne nouvelle". Le coup de griffe du ministre aura eu le mérite de faire connaître la position de Laurence Parisot.

le 19 octobre 2006 à 15:40
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