Le président d'Airbus, Louis GalloisA peine nommé à la tête de l'avionneur européen Airbus, Louis Gallois a confirmé que le plan de restructuration d'Airbus baptisé "Power 8", voulu par l'ancien PDG Christian Streiff, qui a démissionné trois mois seulement après sa prise de fonction, serait mis en place "tout de suite". Interrogé mardi matin sur Europe 1, l'ancien patron de la SNCF a annoncé qu'il y aurait, dans le cadre de ce plan, des "suppressions d'emplois de structure" et qu'il "faudrait se poser la question des sites". Plus précis sur les chiffres, le site internet de La Tribune a évoqué un projet de 10.000 suppressions d'emplois, mais sans licenciement sec. Louis Gallois n'a pour l'heure ni nié, ni confirmé.
"Il nous a dit qu'on ne toucherait pas aux sites, qu'on ferait le maximum pour faire partir les gens avec des mesures d'âge, qu'il ferait tout son possible pour lancer l'A-350", a ajouté un délégué FO à l'issue d'une réunion avec Louis Gallois. Le nouveau patron d'Airbus a par ailleurs réaffirmé que les suppressions d'emplois ne porteraient pas "sur les ateliers et les bureaux d'études, car Airbus doit livrer 430 avions cette année". En revanche, il existe "des structures trop lourdes qu'il faudra rendre plus légères", a-t-il ajouté.
"Dialogue et équilibre"
En ce qui concerne la réorganisation des usines, Louis Gallois estime qu'il faudra "se poser des questions de lignes d'assemblage, pour les rationaliser car on ne peut pas vivre avec deux sites qui se partagent toutes les lignes d'assemblage". Mais la mise en œuvre de ce plan destiné à redresser l'avionneur ne devrait se faire qu'"après plusieurs mois de travail" et dans "le dialogue et l'équilibre" avec le personnel d'Airbus, a-t-il souligné sur Europe 1.
A propos A380, Louis Gallois a indiqué que les retards de livraison du gros porteur étaient majoritairement dus à des problèmes de câblages électriques "plutôt localisés" sur le site d'Hambourg, en Allemagne. Mais le président d'Airbus a aussi souligné qu'il ne s'agissait pas d'un "problème français ou allemand", mais plutôt d'"un problème Airbus", qui n'est pas une "société suffisamment intégrée". L'A380 devrait, malgré les retards, être livré d'ici la fin de l'année, a promis Louis Gallois.
"L'A350, c'est 40% du marché"
A propos de l'autre sujet sensible d'Airbus, l'A350, le nouveau président de l'avionneur européen a indiqué mardi sur Europe 1 qu'il présenterait "le dossier du lancement de façon positive" au conseil d'administration d'EADS, qui devra se prononcer "dans les prochaines semaines". Pour Louis Gallois, Airbus se doit d'être présent sur l'ensemble de la gamme : "L'A350, c'est le milieu de gamme, le gros porteur de 200-300 places à long rayon d'action, c'est 40% du marché", a-t-il souligné, précisant qu'il faudrait encore trouver "9 à 10 milliards d'euros et les ressources en ingénierie" pour mener a bien le projet.
Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Louis Gallois se rend ce mardi à Toulouse pour évoquer l'avenir de l'entreprise avec les délégués syndicaux et les 350 principaux cadres d'Airbus, après la démission lundi de Christian Streiff, trois mois seulement après son entrée en fonction.
Selon le quotidien Die Welt, la restructuration prévue de l'avionneur Airbus menace jusqu'à 1000 emplois en Allemagne, à travers la suppression de postes occupés par des intérimaires ou des réductions de temps de travail. Les premières mesures concernant le site de Hambourg pourraient être annoncées cette semaine, suite à une rencontre prévue jeudi entre syndicats et direction, indique le quotidien, qui cite des sources "dans l'entourage de l'entreprise." La restructuration ne prévoit aucun licenciement sec jusqu'en 2012, mais la suppression de certains emplois intérimaires ainsi que des réductions du temps de travail, selon Die Welt.
Lagardère satisfait |
Le co-président du conseil d'administration d'EADS, Arnaud Lagardère, a déclaré mardi que "la simplification de la gouvernance" d'EADS et d'Airbus, avec l'arrivée de Louis Gallois, était une nécessité, dont "chacun sait que nous l'appelions de nos voeux depuis longtemps. J'ai aujourd'hui une totale confiance dans l'avenir d'EADS et d'Airbus", a souligné le président du groupe français de médias Lagardère.
(D'après agence)
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