Grosse commande chinoise pour Airbus

le 26 octobre 2006 à 07h07 , mis à jour le 26 octobre 2006 à 15h22

La Chine a signé la commande de 150 A320, et devrait acquérir 20 exemplaires du futur A350.

TF1/LCI : Le PDG d'Airbus, Louis Gallois, signant à Pékin un important contrat de livraison d'A320Le PDG d'Airbus, Louis Gallois, signant à Pékin un important contrat de livraison d'A320 © TF1/LCI

La Chine a signé jeudi un contrat pour la livraison par Airbus de 150 appareils A320 et une lettre d'intention pour prendre une option sur 20 exemplaires du futur A350, à l'occasion de la visite d'Etat de Jacques Chirac à Pékin. Au cours d'une cérémonie dans la capitale chinoise, Louis Gallois, le nouveau président du constructeur européen, a également formellement annoncé l'implantation à Tianjin, dans le nord de la Chine, d'une chaîne d'assemblage des A320, l'appareil le plus vendu de la gamme Airbus.

S'exprimant auparavant devant des journalistes, Louis Gallois avait précisé que la Chine prenait une option sur des A350 "si celui-ci était lancé". Ce gros porteur représente un programme de 9 à 10 milliards d'euros. Il a déjà reçu quelque 120 commandes mais pourrait être remis en cause par les difficultés d'Airbus liées au retard de l'A380. Louis Gallois a également confirmé que si l'A350 était mis en oeuvre, l'industrie chinoise se verrait confier 5% du projet.

La crainte de transferts de technologies

Aucun détail financier n'a été donné sur ces différents accords. Le président d'Airbus a simplement indiqué en marge de la cérémonie que l'usine de Tianjin représentait "un investissement dans lequel sera mis beaucoup d'argent". Il a précisé que les premiers A320 sortiraient en 2009 de cette usine destinée à en produire 4 par mois, en se félicitant du "développement industriel avec un pays comme la Chine". Selon une source proche du dossier, l'avionneur européen devrait avoir la majorité, avec une participation de 51% au sein de la coentreprise qui gèrera le site de Tianjin.

Airbus souhaitait conserver une majorité afin d'éviter autant que possible des transferts incontrôlés de technologies, à l'heure où la Chine entend développer son propre programme d'aviation civile et notamment un avion de 100 places, l'ARJ-21. Mais parallèlement le constructeur mise clairement sur cette première chaîne d'assemblage hors d'Europe - sa troisième avec Toulouse et Hambourg - pour se développer en Chine, où Boeing lui vole encore la vedette avec 60% de parts de marché alors qu'Airbus vise les 50%. "Il est clair que fabriquer des avions en Chine fera que les Chinois auront une incitation plus forte à les acheter", a souligné Louis Gallois.

Le principe de l'implantation de la chaîne avait été acquis voici un an lors de la visite en France du Premier ministre chinois Wen Jiabao, qui avait alors annoncé une commande de 150 Airbus. Avant l'arrivée de Jacques Chirac mercredi à Pékin, seul un accord sur ce dossier avait été évoqué. Mais dès son arrivée mercredi dans la délégation accompagnant Jacques Chirac, Louis Gallois avait entamé des négociations sur la vente d'appareils, ainsi que sur l'implantation de la ligne, selon une source gouvernementale française. Selon cette source qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, la France souhaitait signer à la fois pour la ligne d'assemblage et la vente d'au moins 70 exemplaires. "Il n'y a pas eu de marchandage. C'est normal qu'il y ait négociation", a dit jeudi Louis Gallois. Le site de Tianjin devrait employer quelque 200 personnels expatriés d'Airbus en sus de 500 Chinois.

D'après agence

Les moissons chinoises des groupes français

Les contrats remportés par Airbus font partie des 13 accords signés à l'occasion de la visite d'Etat de Jacques Chirac à Pékin. 1,2 milliards d'euros : c'est le montant final des contrats signés par Alstom pour la production de 500 locomotives de fret et la fourniture d'équipements hydroélectriques. Suez a obtenu un contrat de concession pour la gestion de l'eau de la ville de Changshu. EDF a signé un accord-cadre avec China Datang Corporation, ainsi qu'un accord sur des projets nucléaires. Accords également entre le Centre national d'études spatiales et l'Administration nationale spatiale chinoise, entre CMA-CGM et la compagnie chinoise de fret ferroviaire, entre Rhodia et China National Bluestar Corporation (sur la cession de l'activité silicones du Français).  Dassault a signé un accord sur un projet de véhicule électrique et de voiture hybride.

le 26 octobre 2006 à 07:07
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4 Commentaires

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  • Jean Jacques Bohl, le 26/10/2006 à 15h59

    Quand les Chinois achétent des avions français, cocorico ! Qunad les Français achètent des trains canadiens, oh rage, oh désespoir! Y-a-t-il comme une certaine inconsistance?

  • Foxie, le 26/10/2006 à 15h50

    J'espère qu'en bonne logique tous ceux qui s'indignent du choix de Bombardier pour les trains d'Ile de France, par "patriotisme économique", vont s'indigner au nom des chinois de ce contrat. Je leur suggère en outre de créer une "internationale des patriotes économiques", opposée à cette affreuse mondialisation qui nous fait notamment vendre des Airbus à la Chine.

  • Laurent, le 26/10/2006 à 12h39

    L'économie est mondiale, donc ce qui est à craindre ce n'est pas un transfert de technologie mais c'est que la Chine débarque avec un avion chinois défiant toute concurrence

  • James.delahaye, le 26/10/2006 à 10h49

    Qui va encore s'en mettre plein les poches?

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