Leçon n°54 : licencier et délocaliser

le 04 octobre 2006 à 12h27 , mis à jour le 04 octobre 2006 à 17h56

Aubade annonce la délocalisation d'activités vers la Tunisie avec la suppression de 180 emplois. Ce grand nom de la lingerie a pâti de la concurrence chinoise.

Publicités pour la marque de lingerie AubadePublicités pour la marque de lingerie Aubade © DR

A l'heure où l'UE s'organise pour juguler l'arrivée des chaussures chinoises sur son territoire, (lire "L'UE choisit de plomber les chaussures chinoises"),  la concurrence asiatique fait des victimes dans d'autres secteurs : celui de la lingerie. Aubade s'apprête à supprimer près de 40% de ses effectifs. Il a annoncé mercredi la délocalisation d'activités vers la Tunisie et la suppression de 180 emplois sur les 472 qu'il compte en France. Il va également fermer son site de Trimouille dans la Vienne. Ce sont les activités d'assemblage qui s'envoleront vers la Tunisie.

Le plan devrait être effectif au premier semestre 2007, a précisé Daniel Carrière, directeur industriel d'Aubade. Dans un communiqué, la société a expliqué sa décision par la "mutation" du marché de la lingerie, marqué par "une politique de prix agressive liée à l'importation massive de textiles asiatiques et à un profond changement des circuits de distribution". "Nous ne pouvons plus nous battre, nous ne sommes plus compétitifs", a confirmé Daniel Carrière. "Le marché est très difficile (...) Plus de la moitié des sous-vêtements vendus en France est chinoise aujourd'hui", a-t-il précisé.

Un préalable à l'export

Déjà présente en Tunisie avec une plate-forme qui emploie 200 personnes, Aubade profite dans ce pays de coûts de production "deux à trois fois inférieurs à ce qu'ils sont en France", a précisé Daniel Carrière, sans toutefois pouvoir chiffrer le montant d'économies qu'Aubade pourrait tirer du plan. Outre la concurrence asiatique, Aubade pâtit en plus d'un réseau de distribution peu développé. "Nous ne sommes pas forcément directement au contact de la consommatrice", a-t-il résumé, même si la marque "Aubade est très connue".

La maison mère d'Aubade, le groupe textile suisse Calida, a indiqué que la délocalisation s'inscrivait dans une nouvelle stratégie du groupe pour sa filiale, qu'il prévoit de développer à l'international. Le groupe Calida, qui a lui-même délocalisé toute sa production ces dernières années vers la Hongrie notamment, a racheté Aubade en 2005. La société française a affiché 42 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. L'action Calida a chuté de 3,75% mercredi en fin de matinée à la Bourse suisse.

le 04 octobre 2006 à 12:27
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Bebel, le 05/10/2006 à 12h15

    Et une de plus!!! au fait ils partent pour baisser les coups ok? alors ils vont baisser les prix non? logique . ouais je sais c'est juste pour que quelques uns s'enrichissent beaucoup plus .

  • JGH, le 05/10/2006 à 10h50

    Pour répondre à Vastres de Nimes, il est vrai que pour pouvoir soutenir la concurence vis à vis de certains pays du "tiers monde" où le niveau de vie est nettement inférieur à cellui du monde occidental, où n'existe aucune protection sociale et où les salariés sont largement"sous-payés" il faudrait qu'en France les personnes travaillent,par ex., 50 heures / semaine payés effectivement 10 ... A ce rithme là il n'yaurait plus aucune raison de produire quoi que se soit sur notre sol. Ce n'est donc pas le différentiel 35/39 heures qui importe...Il y a lieu de rappeler aussi que les entreprises qui délocalise vers ces pays soutienent les systêmes "anti-sociaux" qui y existent. Enfin, il est prouvé que même les articles produits dans des pays à "bas coûts" ne sont pas forcément vendus moins chers sur nos marchés, la différece alimentant les profits des sociétés. Dans le cadre du dévellopement durable(la "socialisation" du monde du travail en est une composante) il serait judicieux, au contraire, d'aider justement ces pays à gagner en niveau de vie et en protection sociale, plutôt que d'exploiter honteusement ces systèmes . Merci de me publier

  • Franck, le 05/10/2006 à 08h41

    Delocalisation au nom d'une concurrence accrue, certes....Par contre comment se fait-il que toute c'est entreprise qui délocalise pour réduire leur coût de production ne baissent pas par la suite le prix de vente de leur produits sur le marché français ? Il ne s'agit donc pas de faire face à la montée en puissance des produits asiatiques mais bien d'augmenter la rentabilité des produits vendus afin de dégager toujours plus de bénéfices et pouvoir ainsi redistribuer de meilleurs dividendes aux actionnaires !

  • Vastre, le 04/10/2006 à 15h04

    Il faut bien assumer les conséquences des 35 heures payées 39. Les entreprises qui veulent survivre délocalisent et les électeurs chéris de Martine Aubry sont licenciés. Merci Martine, Merci Lionel !

Lire tous les commentaires

      logAudience