Les malheurs de l'A380 hypothèquent les autres Airbus

le 05 octobre 2006 à 16h59 , mis à jour le 05 octobre 2006 à 18h23

Non seulement l'A380 a du plomb dans l'aile mais des doutes entourent le lancement du long-courrier A350 et l'avion militaire A400M.

Airbus industrie pancarte EADS © DR

La crise déclenchée chez Airbus par les retards de l'A380 semble s'étendre. EADS a émis des réserves jeudi sur l'avenir de l'A350, un avion long-courrier en raison d'un manque à gagner de 4,8 milliards d'euros lié au problème de l'A380

Alors que le lancement industriel de l'A350 XWB devait recevoir le feu vert début octobre, le co-président exécutif d'EADS, l'Allemand Thomas Enders, a estimé qu'il ne pouvait pas exclure une remise en cause du programme. Le lancement de cet avion est estimé à 9 milliards d'euros.

Une absence impensable

Le patron d'Airbus, Christian Streiff, juge pourtant "fondamental" de lancer cette famille de long-courriers, destinée à concurrencer le futur 787 de Boeing. "Même si nous arrivons avec trois à quatre ans de retard par rapport au 787 de Boeing, cette question (de l'A350) est capitale pour le développement d'Airbus. Etre absent d'un créneau qui représente 40% de la valeur du marché est difficile à imaginer", souligne-t-il dans un entretien au Monde de vendredi.

Christian Streiff a par ailleurs ravivé les craintes d'un possible retard de son programme d'avion de transport militaire A400M. "La situation est tendue (...) Nous sommes exactement sur les rails mais sans aucune réserve" de temps, a-t-il indiqué. Parallèlement, le patron d'Airbus a commencé à lever le voile sur ses projets de réorganisation industrielle entre la France et l'Allemagne, tout en reconnaissant qu'il faudra "une dizaine d'années pour revenir au niveau de Boeing en termes de développement et d'efficacité". 

Rationalisation

Christian Streiff a notamment évoqué la possibilité d'assembler le futur A350 sur la ligne d'assemblage de Toulouse, et de transférer la fabrication des A330 et des A340 sur le site allemand de Hambourg. Il a aussi laissé la porte ouverte à un éventuel rapatriement des activités allemandes sur l'A380 vers Toulouse, en promettant de trancher "dans trois ou quatre mois".

le 05 octobre 2006 à 16:59
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