les futurs wagons du Transilien © LCIAlstom contre-attaque. Le groupe français a demandé en référé auprès du tribunal administratif de Paris la suspension du contrat octroyé par la SNCF à son concurrent canadien Bombardier, contrat portant sur le remplacement des trains du réseau Transilien de la banlieue parisienne. Ce recours suspend la signature effective du contrat.
Le groupe français, fournisseur historique de la SNCF, soupçonne Bombardier de profiter de ses contrats au Canada, notamment pour les métros de Montréal et de Toronto emportés sans appel d'offres, pour proposer des prix inférieurs sur les marchés étrangers. Seul constructeur ferroviaire au Canada, Bombardier n'avait pas hésité à jouer la carte du "patriotisme économique" et de la création d'emplois locaux pour obtenir ces contrats sans passer par la procédure habituelle d'appel d'offres. Alstom a introduit des recours au Canada pour faire vérifier par les tribunaux la légalité de ces décisions politiques.
Sur le marché francilien, selon une source proche du dossier, Bombardier a consenti une ristourne de 25% au cours des négociations. Et si Alstom a réagi, le prix du canadien est resté à la fin 10% plus bas. De quoi emporter l'adhésion de la SNCF et des autorités régionales de transport.
Une part du gâteau
Le juge, qui a jugé le recours acceptable mardi, assure-t-on chez Alstom, a jusqu'au 20 novembre pour rendre sa décision. S'il accepte la requête d'Alstom, la SNCF devra revoir sa copie ou demander au Conseil d'Etat de trancher. Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France et du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), a souhaité vendredi que le recours introduit par Alstom, qu'il juge "franchement déplaisant", ne retarde pas la livraison des nouveaux trains.
Si la demande d'Alstom est rejetée, le groupe français pourra se consoler avec une part du marché en sous-traitance. Les négociations devaient reprendre entre les deux groupes sur cette question après la signature du contrat. Bombardier a assuré vouloir associer son concurrent "de manière très significative", en particulier le site de production alsacien d'Alstom à Reichshoffen, dans le Bas-Rhin. Au lendemain de l'annonce de ce méga-contrat, le Premier ministre Dominique de Villepin s'était dit "convaincu" qu'Alstom aurait une part du gâteau remporté par Bombardier.
Méga-contrat
Le vaste chantier du renouvellement du Transilien coûtera au total près de 4 milliards d'euros à la SNCF et au Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), dont 2,7 milliards ont été attribués à Bombardier pour l'achat de matériel roulant neuf. La première tranche porte sur la fourniture d'ici 2009 de 172 trains, soit 20% des trains du réseau, pour un montant global de 1,85 milliard, dont 1,35 milliard pour Bombardier. Ce méga-contrat comprend aussi une option sur 200 rames supplémentaires, livrables à partir de 2016.
Les Transiliens nouvelle génération, au nez profilé et aux banquettes multicolores, commenceront à remplacer les vieilles rames en inox dites "petits gris" à partir de 2009. Les livraisons sont prévues jusqu'en 2015, à raison de 30 rames par an en moyenne.
D'après agence
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