Ce que veut le Medef

le 25 janvier 2007 à 18h26 , mis à jour le 25 janvier 2007 à 18h38

L'organisation patronale entre en campagne avec un livre et un slogan : "Besoin d'air". Au menu : suppression de la durée légale du travail et séparation à l'amiable entre salarié et employeur.

Laurence Parisot, présidente du Medef Laurence Parisot, présidente du Medef/image d'archives © LCI

Réforme de la Constitution, abolition de la durée légale du travail, séparation "à l'amiable" entre employeur et salarié figurent parmi les principales propositions du livre blanc du Medef.

Présenté jeudi par la présidente de l'organisation Laurence Parisot lors d'une assemblée générale au palais omnisport de Paris-Bercy, l'ouvrage baptisé "Besoin d'air" et vendu 15 euros a été tiré à 20.000 exemplaires, dont 7.000 déjà distribués aux chefs d'entreprise et à la presse.

Après une préface en forme de diagnostic, trois chapitres, intitulés "Prospérité, liberté et durabilité" rassemblent les principales suggestions :

- suppression de la durée légale du travail, qui serait définie par les partenaires sociaux dans chaque branche ou chaque entreprise,

- mise en place d'une "séparabilité à l'amiable" entre employeurs et salariés,

- création d'un nouveau contrat à mi-chemin entre le contrat à durée indéterminée (CDI) et le CDD, baptisé "CDI de mission à rupture précausée", avec rupture automatique en fin de mission,

- adoption d'une charte des contribuables, inscrite dans la Constitution, posant les principes du droit à une fiscalité non confiscatoire, non rétroactive et non cumulative

- inscription dans la Constitution du principe d'équilibre des finances publiques, obligeant tout gouvernement à faire voter un plan d'économies si les dépenses dépassaient significativement les recettes,

- création d'un "bouclier fiscal entreprises" limitant le poids total de l'impôt pesant sur l'entreprise à un pourcentage de la valeur ajoutée et réduction du taux de l'impôt sur les sociétés,

- accorder au patronat et aux syndicats le pouvoir de définir la norme en prévoyant dans la Constitution que "le résultat des négociations devrait être ou totalement rejeté ou totalement transposé" dans la loi,

- financer une partie de la protection sociale par la solidarité nationale en faisant glisser vers le budget de l'Etat une partie des charges payées par les entreprises et redéfinir ce qui relève d'une logique d'assurance (retraites, chômage) ou de solidarité nationale (famille, maladie),

- instauration d'un régime de retraite par points, géré par les partenaires sociaux, où la référence ne serait plus la durée de cotisation mais le nombre de points acquis au long de la vie professionnelle,

- clarifier les compétences territoriales en renforçant les attributions de la région et de l'intercommunalité et en supprimant l'échelon du département.

le 25 janvier 2007 à 18:26
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9 Commentaires

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  • Charles, le 26/01/2007 à 17h44

    Quand les hommes politiques comprendront-ils qu'ils n'ont pas à intervenir dans les entreprises privées? Quand aux syndicats nationaux qu'ils s'occupent de leurs chers fonctionnaires et qu'ils laissent, dans le privé, les partenaires sociaux discuter branche par branche avec le patronat. Les syndicats comme les hommes politiques ne connaissent rien aux problèmes des entreprises. Quand on voit comment ils gouvernent la France, il ne faut surtout pas qu'ils s'occupent de nos grandes et petites entreprises. Qu'ils créent seulement des conditions économiques et psychologiques favorables et les patrons sauront faire le reste avec leurs cadres, employés et ouvriers. Mme Parisot je vous souhaite bien du courage, car en France le patron c'est l'ennemi. Je signale que je ne suis pas un patron.

  • Serge, le 26/01/2007 à 16h25

    Ce que veut le MEDEF c'est simple : une exonération totale de toute charge et de tout impot, l'abrogation immédiate du droit du travail, des employés soumis qui bossent 25 heures par jour pour 3 clopinettes, qui ne se plaignent jamais et qui s'autodétruisent dès lors qu'ils ne sont plus rentables...

  • Lachassagne, le 26/01/2007 à 14h45

    L'ultra libéralisme va encore frapper à force de vouloir tout casser, il se peut bien que d'autres personnes veulent aussi tout casser, cela s'appelera une révolution ou une guerre civile

  • Sillian, le 26/01/2007 à 12h46

    Au moins çà a le mérite d'etre clairement contre la population française et la loi ..noir sur livre blanc , sauf qu' il manque le service de travail obligatoire de travail gratuit dans les entreprises , mais bon , vue le nombre de contrats aidés on y est presque ..

  • Alain, le 26/01/2007 à 09h12

    Des accords de branche prévoient encore des salaires minimaux inférieurs au SMIC et rien n'a été fait dans les négos. Gageons qu'il en serait de même pour la durée du travail et le patronnat réaliserait alors un vieux rêve : 80 heures par semaine payées 20. Supprimer les 35H pourquoi pas mais il faudrait dans ce cas abolir aussi tous les avantages qu'ils ont obtenus en échanges : Flexibilité, aides de l'état... Quant à la rengaine : supprimer les protections de salariés et y aura presque plus de chomage, souvenons nous de la campagne de l'ancêtre du MEDEF dans les années 80 : Supprimez l'autorisation administrative de licenciement (instituée par Giscard) et vous aurez des centaines de milliers d'emplois en plus. L'autorisation a été supprimée et le chomage a explosé. CQFD

  • Santiago, le 26/01/2007 à 09h03

    Suppression des prudhomme manque à cette panoplie. Le médef ne manque vraiment pas d'air. Que reste-il au salarié comme défense? pourquoi pas aussi la suppression des syndicats?quoique on ait connu la création de syndicats "maison" ou plutot patronneaux. c'estvraiment un retout en arrière si cette bible antiliberté était adoptée, une régression d'ine cinquantaine d'année.

  • Josiane, le 26/01/2007 à 08h01

    On savait que le patronat voulait revenir sur tous les accords de 1936, aujourd'hui il l'écrit. Des salariés malléables et corvéables à merci, son slogan: vive le 19eme siècle. A part ça, nos patrons se croient modernes et innovateurs alors qu'ils ne rêvent que d'un retour vers le passé.

  • 4ERIC, le 26/01/2007 à 00h15

    Au secours !!!!!!!!!!!!!On devrait lui limiter son temps de travail et de parole à celle-là....

  • Attab, le 25/01/2007 à 22h13

    Le medef a raison il faut qu'il gouverne pour que les entreprises restent sur les pointes de la technologie afin de créer des emploies pour ce qui veulent travailler pour gagner plus.

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