Airbus va dévoiler son "Power8"

le 28 février 2007 à 07h28 , mis à jour le 28 février 2007 à 13h17

Alors qu'Airbus présente cet après-midi son plan de redressement, la classe politique s'empare du sujet. La candidate PS propose un moratoire et un réengagement de l'Etat.

Le site Airbus de Meaulte dans la SommeLe site Airbus de Meaulte dans la Somme © TF1/LCI

Les déclarations et positions politiques affluent à l'approche de la présentation par Louis Gallois, patron d'Airbus, du plan de restructuration de son groupe. Ségolène Royal a déclaré mercredi matin sur I-Télé qu'elle demanderait, si elle est élue, un moratoire sur le plan social d'Airbus et indiqué qu'elle en parlerait avec la chancelière allemande qu'elle rencontre le 6 mars. "Il faut que l'Etat remette au pot mais sur la base d'un projet industriel franco-allemand solide". Des déclarations que le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, qualifie d'"effets de manche".

Autre conception du rôle de l'Etat du côté de l'UMP : le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher a jugé mercredi sur Europe 1 le plan de restructuration d'Airbus "indispensable", estimant d'une manière générale que le gouvernement n'a "pas à s'interposer dans la stratégie de l'entreprise" mais à "faire respecter l'ordre social".

10.000 suppressions de postes

Approuvé lundi par les actionnaires d'EADS, la maison mère d'Airbus, le plan de redressement baptisé "Power8" vise à économiser 5 milliards d'euros d'ici à 2010 puis 2 milliards par an afin de compenser les surcoûts liés aux retards de l'avion géant A380, ainsi que la faiblesse du dollar face à l'euro.

Comme l'a déjà dévoilé le Premier ministre français, le plan comprendrait 10.000 suppressions d'emploi sur les 16 sites européens d'Airbus, chez ses sous-traitants et intérimaires. Selon une source syndicale, ce chiffre aurait été confirmé mercredi matin aux représentants des salariés et 50% de ces 10.000 suppressions concerneraient des sous-traitants.

L'avionneur emploie 56.000 personnes, dont 22.000 en France, 21.000 en Allemagne, 10.000 en Grande-Bretagne et 3000 en Espagne. L'essentiel des coupes devrait concerner des postes administratifs et se faire sans licenciement sec. Selon le quotidien Die Welt, la France perdrait 4200 emplois, l'Allemagne 3500. D'après la Dépêche du Midi, le siège toulousain d'Airbus pourrait subir 900 suppressions de postes.

Saint-Nazaire et Méaulte

Autre information révélée par une source syndicale : le plan prévoirait en fait la cession ou vente de six sites en Europe. Selon des rumeurs précédentes, Airbus devait céder ses usines de Saint-Nazaire et Méaulte en France et de Nordenham et Varel en Allemagne, qui devraient continuer de bénéficier de contrats de sous-traitance avec Airbus. Selon la radio BFM, qui cite des sources internes, Airbus devrait également céder le site de Filton en Grande-Bretagne et fermer le site de Puerto Real en Espagne.

Le ministre français des Transports, Dominique Perben, a toutefois assuré mercredi qu'il n'était "pas question de fermer l'usine de Méaulte" d'Airbus, tout en ajoutant qu'une cession à un "partenaire" était en discussion.

Le maire PS de Saint-Nazaire, Joël Batteux, a annoncé avoir obtenu l'assurance qu'il "n'y aurait pas de licenciement" sur le site Airbus de Saint-Nazaire ville. "Nous conserverons l'assemblage du tronçon central de l'A350". Une partie de la production de l'usine Saint-Nazaire ville serait transférée vers l'autre site à Montoir de Bretagne, selon le maire. "Une autre partie sera proposée par Airbus à un éventuel acquéreur pour reprendre l'activité".

Menace de grève au niveau européen

Les syndicats n'ont pas non plus attendu l'annonce du plan pour monter au créneau. Force Ouvrière, syndicat majoritaire d'Airbus, a prévenu qu'une fermeture ou une externalisation des sites de Saint-Nazaire ou de Meaulte seraient comme "une déclaration de guerre". Mercredi matin, des dizaines de salariés de Saint-Nazaire ont observé un arrêt de travail. De leur côté, les salariés d'Airbus à Meaulte (Somme) ont cessé "spontanément" le travail mardi à la mi-journée, en réaction à la menace d'externalisation.

Mardi, les organisations syndicales européennes d'Airbus ont décidé de faire front commun en cas de cession d'usines ou de licenciements secs, avec à la clé une "journée d'action" qui pourrait prendre la forme d'une grève, a annoncé Peter Scherrer, secrétaire général de la Fédération européen des métallurgistes (FEM).


(D'après agence)

SUR LCI

Fabrice Brégier directeur général d'Airbus

Fabrice Bregier, Directeur Général délégué d'Airbus, est l'invité du Journal de l'Economie de LCI, mercredi à 19h45



le 28 février 2007 à 07:28
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9 Commentaires

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  • Bellaud, le 28/02/2007 à 13h41

    Je pense qu'en premier il faudrait virer les Directeurs des ressources humaines, car s'apercevoir que l'on a embaucher + de 20% d'effectifs en trop, c'est une faute grâve....

  • Royer, le 28/02/2007 à 13h23

    J'aimerais que l'on m'explique les retards d'exploitation de l'A380 et pui le dollard et l'euro comme d'abitude ont de nouveau beau dos.Monsieur Gallois ferait mirux de démissionner il fait honte à la sociétée ouvrière française.

  • Vastre, le 28/02/2007 à 11h31

    Les pantins qui se précipitent au portillon de la présidentielle savent-ils que Airbus dépense des euros (forts), notamment pour sa main d'oeuvre et vend ses avions en dollars (faibles). La délocalisation est inévitable. Dans 10 ans, Airbus fabriquera ses avions en Asie.

  • Claude, le 28/02/2007 à 11h30

    A 380 un très bel avion , mais c'est encore le contribuable qui va payer une partie du montant des places des passagers , un peu comme le concorde , enfin c'est mon impression ! Mais bon , il faut ètre optimiste , celà évite d'ètre réaliste.

  • Bernard, le 28/02/2007 à 11h28

    Surtout que Ségolène ne s'occupe pas de cette affaire.Qu'elle continue à distribuer des "chèques en blanc" comme elle sait si bien le faire. AIRBUS est uniquement une affaire interne à AIRBUS aussi pénible soit elle.

  • Dominique, le 28/02/2007 à 11h27

    Et pendant ce temps là, pendant que la catastrophe industrielle se révèle de jour en jour pire, l'ancien Président d'Airbus Industrie et d'EADS, le sieur Noël Forgeard a réussi l'exploit de se faire totalement oublié des médias qui devraient tout de même, en toute logique, lui demander son sentiment sur tout ça ou au moins rappeler la responsabilité qui est la sienne dans ce drame. N'oublions pas, non plus, qu'avant son départ et avant que soit connue la catastrophe, il avait allègrement vendu ses "stocks options" et les actions de ses "chers" enfants, pour plusieurs millions d'euros, en réalisant une magnifique plus value d'initié. Pourquoi la presse ne rappelle pas ces choses? Merci de me publier.

  • Phil, le 28/02/2007 à 09h47

    Quelle stratégie !!! Faut qu'on m'explique. Ok, les retards occasionnent des pertes financières. Ok, la suppression de 10 000 emplois va diminuer un centre de couts. Mais les retards eux ... comment peuvent ils se résorber si y'a moins de personnes pour bosser !!! C'est qu'il n'y a pas assez de personnes plutot !!! On rentre dans un cercle sans fin... La vraie cause, c'est que la direction est incompétente et sa stratégie pitoyable !!!

  • Bb, le 28/02/2007 à 09h32

    Ce qui me gêne le plus en ce moment, c?est de lire des articles sur votre site concernant le stresse au travail ; et, de lire maintenant ce reportage, comment voulez-vous que les gens de cette société ne soient pas stressé en ce moment et, les sous-traitants et, les commerçants également. Et, en plus de cela Airbus va investir dans une entreprise en G.B?. Mais comment cela est possible? BB

  • DOMINIQUE, le 28/02/2007 à 08h55

    Je constate que le gouvernement et l'UMP sont complètement à côté de la plaque comme d(habitude ils préconisent par des spots TV et des paroles de travailler jusqu'à 70 ans et l'on préconise des départs en préretraite chez AIRBUS, excuser moi mais nous les Français nous ne comprennons VRAIMENT plus rien. Enfin jamais deux cent trois après les gâchis du FRANCE et de CONCORDE !!!!!! Pôvre FRANCE.

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