Le site Airbus de Meaulte dans la Somme © TF1/LCILes déclarations et positions politiques affluent à l'approche de la présentation par Louis Gallois, patron d'Airbus, du plan de restructuration de son groupe. Ségolène Royal a déclaré mercredi matin sur I-Télé qu'elle demanderait, si elle est élue, un moratoire sur le plan social d'Airbus et indiqué qu'elle en parlerait avec la chancelière allemande qu'elle rencontre le 6 mars. "Il faut que l'Etat remette au pot mais sur la base d'un projet industriel franco-allemand solide". Des déclarations que le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, qualifie d'"effets de manche".
Autre conception du rôle de l'Etat du côté de l'UMP : le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher a jugé mercredi sur Europe 1 le plan de restructuration d'Airbus "indispensable", estimant d'une manière générale que le gouvernement n'a "pas à s'interposer dans la stratégie de l'entreprise" mais à "faire respecter l'ordre social".
10.000 suppressions de postes
Approuvé lundi par les actionnaires d'EADS, la maison mère d'Airbus, le plan de redressement baptisé "Power8" vise à économiser 5 milliards d'euros d'ici à 2010 puis 2 milliards par an afin de compenser les surcoûts liés aux retards de l'avion géant A380, ainsi que la faiblesse du dollar face à l'euro.
Comme l'a déjà dévoilé le Premier ministre français, le plan comprendrait 10.000 suppressions d'emploi sur les 16 sites européens d'Airbus, chez ses sous-traitants et intérimaires. Selon une source syndicale, ce chiffre aurait été confirmé mercredi matin aux représentants des salariés et 50% de ces 10.000 suppressions concerneraient des sous-traitants.
L'avionneur emploie 56.000 personnes, dont 22.000 en France, 21.000 en Allemagne, 10.000 en Grande-Bretagne et 3000 en Espagne. L'essentiel des coupes devrait concerner des postes administratifs et se faire sans licenciement sec. Selon le quotidien Die Welt, la France perdrait 4200 emplois, l'Allemagne 3500. D'après la Dépêche du Midi, le siège toulousain d'Airbus pourrait subir 900 suppressions de postes.
Saint-Nazaire et Méaulte
Autre information révélée par une source syndicale : le plan prévoirait en fait la cession ou vente de six sites en Europe. Selon des rumeurs précédentes, Airbus devait céder ses usines de Saint-Nazaire et Méaulte en France et de Nordenham et Varel en Allemagne, qui devraient continuer de bénéficier de contrats de sous-traitance avec Airbus. Selon la radio BFM, qui cite des sources internes, Airbus devrait également céder le site de Filton en Grande-Bretagne et fermer le site de Puerto Real en Espagne.
Le ministre français des Transports, Dominique Perben, a toutefois assuré mercredi qu'il n'était "pas question de fermer l'usine de Méaulte" d'Airbus, tout en ajoutant qu'une cession à un "partenaire" était en discussion.
Le maire PS de Saint-Nazaire, Joël Batteux, a annoncé avoir obtenu l'assurance qu'il "n'y aurait pas de licenciement" sur le site Airbus de Saint-Nazaire ville. "Nous conserverons l'assemblage du tronçon central de l'A350". Une partie de la production de l'usine Saint-Nazaire ville serait transférée vers l'autre site à Montoir de Bretagne, selon le maire. "Une autre partie sera proposée par Airbus à un éventuel acquéreur pour reprendre l'activité".
Menace de grève au niveau européen
Les syndicats n'ont pas non plus attendu l'annonce du plan pour monter au créneau. Force Ouvrière, syndicat majoritaire d'Airbus, a prévenu qu'une fermeture ou une externalisation des sites de Saint-Nazaire ou de Meaulte seraient comme "une déclaration de guerre". Mercredi matin, des dizaines de salariés de Saint-Nazaire ont observé un arrêt de travail. De leur côté, les salariés d'Airbus à Meaulte (Somme) ont cessé "spontanément" le travail mardi à la mi-journée, en réaction à la menace d'externalisation.
Mardi, les organisations syndicales européennes d'Airbus ont décidé de faire front commun en cas de cession d'usines ou de licenciements secs, avec à la clé une "journée d'action" qui pourrait prendre la forme d'une grève, a annoncé Peter Scherrer, secrétaire général de la Fédération européen des métallurgistes (FEM).
(D'après agence)
| SUR LCI |
Fabrice Bregier, Directeur Général délégué d'Airbus, est l'invité du Journal de l'Economie de LCI, mercredi à 19h45 |
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