© DRDe 10.000 à 12.000 emplois pourraient être supprimés chez Airbus dans le cadre du plan d'économies et de restructuration, baptisé "Power8". Mais le groupe ne parvient pas à se mettre d'accord sur la répartition des mesures entre les différents pays dans lequel l'avionneur est basé.
Du coup, le comité de groupe européen d'Airbus, qui devait se réunir mardi pour prendre connaissance des modalités de "Power8" a été reporté, a annoncé lundi l'avionneur européen qui affirme que le conseil d'administration d'EADS (maison mère d'Airbus, ndlr) a "interrompu ses travaux sur Power8".
"Airbus ne peut tarder plus longtemps"
Dans le communiqué, Airbus précise que le conseil se réunira "dans les prochains jours" pour tenter de trouver un accord concernant la répartition de la charge de travail liée à l'A350 XWB, le futur long-courrier de l'avionneur européen. Le président d'Airbus, Louis Gallois, a souligné "le besoin de trouver très rapidement une solution qui surmonte les questions nationales" concernant la restructuration de l'avionneur européen. "J'ai fait des propositions que je juge équilibrées, tant sur plan industriel que technologique et qui servent notre objectif de compétitivité économique", affirme-t-il. "Airbus ne peut retarder plus longtemps la mise en oeuvre de Power8", conclut M. Gallois.
"On va encore laisser les salariés dans l'incertitude et c'est Airbus qui en pâtit. Tant qu'on ne trouve pas les solutions pour aider Airbus à sortir de la crise, on ne peut commencer à parler d'autres choses que de plan d'économies et de restructuration", a déclaré le co-président français du comité européen Airbus, Jean-François Knepper. Pour le syndicaliste Force Ouvrière, cette absence d'accord chez EADS "est particulièrement inquiétant parce que cela veut dire qu'il va encore y avoir des tensions des divergences entre Etats". "Il ne faudrait pas que le politique reprenne le dessus dans le dossier Airbus, qu'il y ait des changements dans le plan industriel prévu par Louis Gallois qui tenait compte des capacités techniques de chacun", a estimé lundi Françoise Vallin, de la CGC. "Que les partenaires au sein d'Airbus ne soient pas tombés d'accord sur le partage des tâche nous inquiète", a pour sa part expliqué Julien Talavan du syndicat FO, qui estime que les salariés sont devenus "des spectateurs inquiets de l'avenir de leur boîte".
10.000 postes concernés ?
"Power 8" qui vise à économiser 5 milliards d'euros d'ici à 2010 puis 2 milliards par an, afin de compenser les surcoûts liés aux retards de l'avion géant A380, ainsi que la faiblesse du dollar face à l'euro qui mine la compétitivité du constructeur. D'après Les Echos, "de 10.000 à 12.000 emplois pourraient ainsi disparaître, soit de 3.000 à 4.000 en France et autant en Allemagne." Cependant, d'après le journal économique, "ces réductions ne concernent pas seulement les 55.000 salariés d'Airbus", mais aussi "les 30.000 personnes employées par les sous-traitants travaillant sur les sites d'Airbus".
Selon l'autre quotidien économique, La Tribune, le plan de restructuration pourrait toucher "jusqu'à 10.000 postes" et "trois usines seraient cédées : Méaulte, en France, Varel et Nordenham en Allemagne". Le plan prévoit aussi une "spécialisation des sites d'assemblage", selon ces journaux, le futur A350 et l'A380 resteraient à Toulouse et le successeur de l'A320, serait produit à Hambourg.
(D'après agence)
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