Usine d'assemblage d'Airbus © TF1/LCIC'est sous un temps glacial et humide que la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Jacques Chirac se sont retrouvés ce vendredi au château de Meseberg, près de Berlin, pour un sommet informel qui doit évoquer le récent blocage autour de "Power8", le plan de restructuration de l'avionneur européen Airbus.
Ce ne sera bien sûr pas le seul sujet de la rencontre, et les deux dirigeants devraient parler aussi du Proche-Orient, du dossier nucléaire iranien et de la préparation du Conseil européen des 8/9 mars à Bruxelles, dont l'ordre du jour comporte le réchauffement climatique et l'énergie. Pourtant, même si Angela Merkel a réitéré jeudi soir à Hambourg qu'aucune décision sur Airbus n'interviendra à Meseberg, nul doute que l'avenir d'Airbus volera la vedette à ces dossiers. Angela Merkel et Jacques Chirac devraient également discuter d'une possible augmentation de capital d'EADS, croit savoir le Financial Times Deutschland.
Les craintes allemandes
Des inquiétudes teintées d'irritations sont fortes côté allemand. Une crainte est que les sept sites d'Airbus en Allemagne ne subissent davantage que les sites français les sacrifices nécessaires à la restructuration. Un porte-parole de la maison-mère EADS a affirmé jeudi qu'aucune décision n'a encore été prise, qualifiant de "spéculations" les nombreux articles de presse sur les suppressions d'emploi. EADS, a précisé un autre porte-parole, rendra sa décision sur le plan de restructuration "Power8" proposé par l'avionneur européen d'ici la publication de ses résultats annuels le 9 mars. Quant à la présidence française, elle a fait savoir jeudi que Jacques Chirac souhaitait régler "rapidement" la crise d'Airbus "dans un esprit de partenariat, de partage équitable des efforts et avec le souci de l'emploi".
Le maintien de sites prometteurs technologiquement est autant un enjeu que la répartition des douloureuses mesures de restructuration. Le ministre du Travail allemand, Franz Müntefering, l'a souligné à Bruxelles, en relevant que la force allemande d'innovation "ne doit pas être diminuée" et "qu'il ne faut pas qu'à l'avenir on fabrique des produits dépassés". Tout en soulignant que la réorganisation d'Airbus "revenait au final aux dirigeants de l'entreprise", il a estimé normal que chaque pays "fasse valoir les intérêts nationaux de la politique industrielle".
Ce sommet devrait être, avant son départ très probable de l'Elysée le 16 mai, le dernier du président Chirac avec la chancelière dans le format dit "de Blaesheim", rencontre sans ordre du jour pré-établi. Toutefois, il est très probable qu'ils se revoient sous une autre forme d'ici là.
D'après agence
La France autant touchée que l'Allemagne par "Power 8" ? |
EADS pourrait se séparer de quatre usines en France, autant qu'en Allemagne, dans le cadre d'une version remaniée du plan de restructuration d'Airbus, affirment Les Echos. Le PDG d'Airbus Louis Gallois proposerait en France l'externalisation des sites de Méaulte (Somme) et de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), et "ajouterait dans le balance d'autres établissements du groupe EADS, comme le site Sogerma de Rochefort (Charente-Maritime), qui fabrique des sièges d'avions, et l'usine Socata de Tarbes (Hautes-Pyrénées), qui produit des avions de tourisme", selon les Echos. En Allemagne, autant de sites seraient visés: Varel, Nordenham, Laupheim et Buxtehude. Le Royaume-Uni serait aussi concerné avec la vente possible de l'usine de Filton et l'Espagne avec celle de Purto Real. Par ailleurs, "les responsables allemands auraient renoncé à obtenir le tronçon central du futur A350", affirme le journal. |
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