Le parachute en or massif de la Pdg du Printemps

Par Franck LEFEBVRE, le 01 février 2007 à 08h25 , mis à jour le 01 février 2007 à 16h31

A l'occasion de son départ volontaire, Laurence Danon récolte plusieurs millions d'euros, alors même qu'elle avait contribué à réduire les salaires.

[Expiré] Cliente dans une boutique de vêtements © www.sxc.hu

Un an de salaire par année d'ancienneté, soit plusieurs millions d'euros au bout de six ans dans le fauteuil de Pdg... Mais combien va toucher exactement Laurence Danon à son départ du Printemps ? Elle reconnaît 2 millions au titre d'une "indemnité de départ" ainsi qu' une prime sur la vente de l'enseigne, cédée en  octobre par le groupe de luxe et de distribution PPR pour 1,1 milliard d'euros. Certaines informations faisaient état de 4 millions. Laurence Danon ne précise pas.

Désignée par le groupe PPR pour préparer la cession de l'entreprise à un tandem formé de la Deutsche Bank et d'un groupe d'investisseurs italiens mené par l'homme d'affaires Maurizio Borletti, elle avait mis en place dès son arrivée en 2001 un plan de rénovation des grands magasins. Son départ volontaire, annoncé à la mi-janvier, est devenu effectif mercredi.

Borletti étonné

Le syndicat Unsa, qui a "salué les actions de l'équipe de Mme Danon qui ont en quelques mois rajeuni l'image du Printemps", a ajouté "être critique sur le volet social aboutissant à des grilles de salaires dont les premiers échelons se situent au dessous du Smic".

Des critiques qui pourraient grandir avec la révélation par Le Monde des indemnités de l'ex-Pdg du Printemps, qui est par ailleurs une proche de la présidente du Medef Laurence Parisot. Interrogé par le quotidien, Maurizio Borletti semble le premier à s'étonner : "Il s'agit d'un départ volontaire, il n'était donc pas question qu'il soit assorti de conditions particulières. Nous n'avons pas conclu de transaction avec Mme Danon". Chez PPR, en revanche, silence radio.

Malaise chez les patrons

Interrogé jeudi matin par Europe 1, Nicolas Sarkozy, sans se prononcer spécifiquement sur le cas Danon, s'est dit "pour un capitalisme qui a une éthique. Quand on exerce des responsabilités, c'est normal qu'on soit bien payé ; mais je n'accepte pas un certain nombre d'arrangements dont je trouve qu'ils ne sont pas mérités. Il ne peut pas y avoir de rémunération sans contrepartie, d'un gros travail ou d'un gros risque".

Ces indemnités risquent de relancer le débat sur les "golden parachutes", régulièrement dénoncés, surtout si des efforts salariaux sont parallèlement demandés aux employés des groupes concernés. Les patrons eux-mêmes s'inquiètent du déficit d'image qui en résulte pour leur fonction et de la méfiance autour de leur rémunération. Et ce d'autant plus que la loi Breton votée en 2005 n'a pas réussi à rendre  plus transparentes les rémunérations supplémentaires des grands patrons, qui vont de la retraite-chapeau aux indemnités de départ en passant par les stock-options. Fait symptomatique de ce malaise, les dirigeants de grandes entreprises tendent à réduire la croissance de leurs salaires : ceux des patrons du CAC 40 sont restés plutôt stables entre 2004 et 2005, passant de 2,24 millions d'euros par an à 2,27 millions d'euros.

Cas emblématique, Antoine Zacharias, Pdg de Vinci, avait été contraint à la démission après la dénonciation de ses rémunérations exorbitantes par son propre directeur général Xavier Huillard. Il avait notamment reçu une prime de 12,9 millions d'euros, trois fois le montant de sa rémunération brute de 2005 de 4,29 millions, lorsqu'il avait quitté sa fonction de directeur général. 

Laurence Parisot, présidente du Medef, a estimé que la rémunération des grands patrons devait être "en lien avec la création de richesse". Laurence Danon dirige la commission "Nouvelles générations" du Medef,

Par Franck LEFEBVRE le 01 février 2007 à 08:25
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4 Commentaires

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  • Alain, le 01/02/2007 à 15h23

    Paradoxe du libéralisme qui abouti à précariser encore plus (Interim, CDD, chomage, Bas salaires...) les plus faibles et qui protègent ceux qui en ont le moins besoin (salaire moyen d'un PDG cité dans l'article = 130 ans de SMIC). Et dans le cas de la PDG du printemps plus de 300 ans d'indemnités alors qu'un PDG est légalement révocable par son conseil d'administration du jour au lendemain sans un sou d'indemnités ! Suggestion aux syndicats : demander un plan de départ volontaire pour tous les salariés qui le souhaitent dans le mêmes conditions (1 an par année d'anciennté)

  • Patrick, le 01/02/2007 à 14h49

    Quand on pense que c'est les mêmes patrons, qui pour faire gagner 1% de plus aux actionnaires, sont capables de réduire des gens aux chômage et de briser des vies définitivement et tout ça sans honte aucune !! Après ça étonnons nous qu'il y ait des gens qui pètent les plombs et deviennent militant d'extrême gauche!

  • Dethiere, le 01/02/2007 à 13h05

    Quels crédits apporter à ces grands patrons dont l'une de leur action principale constitue à se préparer des indemnités hors de proportion alors que pour "leurs" salariés, c'est réduction de salaire et suppression de l'emploi: écoeurant !

  • Laurent, le 01/02/2007 à 13h03

    Comme toujours, les petits on les compresse toujours plus tandis que les grands pontes se servent jusqu'à l'overdose... j'sais pas pourquoi mais en lisant ça j'avais une image en tête... De Funès dans son carosse rempli d'or ricanant de taxer toujours plus les pauvres, dans la Folie des Grandeurs... comme il dit, "les pauvres c'est fait pour etre pauvre et les riches très riches!" C'est exactement ça à notre époque...

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