
Voilà de quoi contredire le cliché des patrons grognons et des salariés de mauvaise volonté. Selon un sondage TNS Sofres/Ineum Consulting pour Le Figaro Magazine, la quasi-totalité des patrons d'entreprises (97%) affirment faire dans l'ensemble confiance à leurs salariés. L'enquête a été réalisée par téléphone, entre le 22 et le 26 janvier, auprès de 400 chefs d'entreprise de plus de 5 salariés. L'échantillon est restreint mais il dégage sur certains points des tendances lourdes.
Interrogés sur l'état d'esprit de leurs salariés, la quasi-totalité des employeurs le qualifient de "très bon" ou "assez bon". Seuls 4% sont d'avis contraire. "Tant mieux! Même s'il faut sans doute relativiser : le recrutement relevant du pouvoir de l'employeur, le contraire eût été une mise en cause de leur propre professionnalisme", réagit dans le magazine le numéro un de la CGT, Bernard Thibault.
"C'est aussi la reconnaissance de ce que font les salariés qui explique le regard favorable des chefs d'entreprise", souligne la présidente du Medef, Laurence Parisot, également invitée à réagir à l'enquête. "L'entreprise est un lieu de projets. Ceux qui la pensent encore comme un espace de conflit se trompent", selon elle.
"Capables de s'adapter aux changements à venir"
TNS Sofres a aussi demandé aux chefs d'entreprise, si d'après eux, leurs salariés préféreraient "travailler plus et gagner plus" (52% le pensent), "rester comme aujourd'hui" (45% sont de cet avis) ou "travailler moins et gagner moins" (1%). 2% n'ont pas répondu. "Je constate avec intérêt que le résultat au final est assez partagé. Les salariés, d'après leurs patrons, seraient à peine plus d'un sur deux à préférer 'travailler plus pour gagner plus'. On est loin du raz-de-marée", a commenté François Chérèque, secrétaire général de la CFDT.
"Les patrons sont partagés, et donc éloignés de l'enthousiasme du Medef, à l'égard d'une formule qui n'est, selon nous, qu'une imposture", a ajouté Bernard Thibault. Le leader cégétiste relève par ailleurs le besoin "d'investir massivement dans la formation professionnelle" soulevé par l'enquête. 35% des employeurs interrogés relèvent des manques "importants" ou "assez importants" dans ce domaine.
Dernier enseignement de l'enquête, une minorité de chefs d'entreprise (17%) est "tout à fait d'accord" pour dire que leurs salariés sont "ouverts au changement", mais une grande majorité (79%) estiment qu'ils sont "capables de s'adapter aux changements à venir dans leur entreprise".
D'après agence
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