Des primes exceptionnelles qui passent mal

le 08 février 2007 à 17h10 , mis à jour le 08 février 2007 à 19h05

Deux dirigeants de la Caisse d'épargne auraient reçu des primes exceptionnelles de 150.000 euros, a révélé un syndicat.

[Expiré] Charles Milhaud (à gauche), président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne et Nicolas Mérindol, membre du directoire en charge de la banque commerciale © DR

Le président du directoire du groupe Caisse d'Epargne Charles Milhaud et son directeur général Nicolas Mérindol recevront une prime de 150.000 euros chacun au titre du "surcroît de travail occasionné par le dossier Natixis", a indiqué un représentant syndical. Selon le secrétaire général du Syndicat Unifié/Unsa Serge Hubert, administrateur salarié siégeant au conseil de surveillance, le conseil a entériné le 30 janvier le versement de ces primes, qui concernent également trois autres membres du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne (CNCE) à hauteur de 80.000 euros chacun.

Selon la proposition du conseil de surveillance, ces primes sont attribuées au titre "du surcroît de travail occasionné par le dossier Natixis". Natixis, cotée en Bourse, est née en novembre de la fusion des activités de banque de gros des groupes Banque Populaire et Caisse d'Epargne, qui détiennent chacun 34% de son capital. Une porte-parole de la CNCE s'est refusée à confirmer l'existence de ces primes, précisant que la rémunération des dirigeants de l'Ecureuil est "totalement transparente puisqu'elle figure chaque année dans le rapport annuel".

Mépris à l'égard des salariés

"Cela a été fait en catimini parce que les représentants des caisses ne l'ont appris que la veille (du conseil) au soir", a commenté Serge Hubert, ajoutant qu'il a été le seul à voter contre la proposition. "540.000 euros à cinq ! Ont-ils oublié que les salariés devront se contenter d'un complément d'intéressement de 400 euros en moyenne ? Ont-ils oublié que les salaires n'augmenteront que de 0,8% en 2007 ? Ont-ils oublié combien les salariés ont travaillé pendant toute la durée de l'opération Natixis ? Ce n'est que mépris à leur égard", affirme pour sa part un communiqué diffusé en interne par le Syndicat Unifié/Unsa.

La CFE-CGC "dénonce ces réflexes (...) de mauvaise gestion (car) privilégier ainsi le court terme financier se fait au détriment de l'intérêt économique et social de long terme", indique-t-elle. "Ces écarts de conduite sont un appel implicite à légiférer", s'alarme l'organisation, qui préfère "l'autodiscipline". "Où est le sens de la responsabilité de nos grands patrons ?", s'interroge encore Ethic, organisation patronale.

le 08 février 2007 à 17:10
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience