La Une de la tribune sur le "Power8" d'Airbus © TF1/LCI"L'archi-rival Boeing, un temps désarçonné par la concurrence venue d'Europe, a procédé à une remise à plat de son modèle industriel. Les résultats de sa purge commencent à se faire sentir", note Gérard Dupuy dans Libération qui souligne qu'Airbus doit faire comme Boeing qui a su se restructurer et trouver un "outil industriel en dehors du groupe capable de relever le défi" de la restructuration.
Le Figaro estime de son côté que le "temps est donc venu d'aller au bout de la logique", souligne Gaêtan de Capèle, en faisant "sortir des actionnaires devenus encombrants et inutiles et en attirer d'autres, soucieux d'investir dans ce qui demeure, en dépit des apparences, l'une des plus belles entreprises européennes." Le quotidien économique La Tribune observe que pour le nouveau patron d'Airbus Louis Gallois "l'exercice était extrêmement périlleux" mais dont le "bien-fondé" apparaîtra "aux yeux des observateurs de bonne foi une fois passée l'émotion légitime liée au choc de l'annonce".
"Un formidable fisaco"
"Si le plan de restructuration d'Airbus est inévitable", note L'Alsace, "il fait porter la plus grosse charge, le sale boulot, sur les sous-traitants" souligne Patrick Fluckiger. La Nouvelle République du Centre-Ouest estime de son côté que "les salariés d'Airbus" font "les frais d'un fonctionnement d'entreprise paralysé par les egos nationaux" et qu'Airbus a "plus que jamais besoin de l'Etat".
Pour le Midi Libre "l'échec (d'Airbus) tient surtout à cet insensé millefeuillage de pouvoirs, entre Etats irréductiblement nationaux et actionnaires tellement soucieux de leurs intérêts propres". La Provence est beaucoup plus sévère voyant un "fiasco" dans la conduite de l'avionneur. "Allons, il faut bien se résoudre à appeler un chat, un chat. L'affaire d'Airbus est un formidable fiasco", observe Georges Latil. "En clair, la France et l'Allemagne ne sortent pas grandies de l'affaire", note cet éditorialiste, soulignant qu'"il faut désormais sauver le soldat Airbus". "La France ne peut pas se payer le luxe de voir l'un de ses fleurons industriels régresser. Encore moins de laisser des milliers de salariés sur le bord du chemin", conclut ce journal.
De l'autre côté du Rhin, la presse est également divisée. Pour le Süddeutsche Zeitung, "il est juste qu'Airbus agisse maintenant -- et pas seulement dans quelques années. Il est juste que l'entreprise se mette maintenant, au plein milieu d'un boom (des commandes) sans précédent, à changer ses structures et à baisser ses coûts". Le désastre de l'A380, le plus grand avion de passagers du monde, a montré que "la répartition du travail chez Airbus ne fonctionnait pas", ajoute le grand journal de Munich. Mais pour l'autre journal de centre-gauche Tagesspiegel, "c'est la politique, et pas Louis Gallois, qui gère le constructeur aéronautique".
(D'après agence)
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