Un réacteur Airbus © DRLa demande est inédite : après l'annonce du plan de restructuration d'Airbus, huit présidents de régions à majorités socialistes ont écrit jeudi à Dominique de Villepin pour lui demander de définir dans quelles conditions elles pourraient entrer dans le capital d'EADS. Les élus estiment en effet "insignifiants" les montants des aides à la filière aéronautique annoncés par Dominique de Villepin à Toulouse le 14 novembre et dénoncent le fait que "le gouvernement n'annonce aujourd'hui aucune mesure nouvelle pour soutenir la filière, défendre l'emploi, et pérenniser les sites industriels menacés". Aussi veulent-ils s'impliquer... et s'appuient sur l'exemple allemand.
"Si les régions allemandes entrent au capital d'Airbus en recherchant des parts cédées par Daimler Chrysler, les régions françaises doivent pouvoir en faire autant", estiment les présidents des régions Midi-Pyrénées, Pays-de-la-Loire, Picardie, Aquitaine, Centre, Ile-de-France, Poitou-Charentes et Provence-Alpes-Côte-d'Azur. "La violence de cette restructuration (qui implique 4300 suppressions d'emplois en France) contraste avec les réactions du gouvernement, qui semble toujours ne pas prendre la mesure de l'impact", écrivent les élus de ces régions particulièrement touchées par le plan de restructuration Power8, en dénonçant le "maquillage de la réalité" des propos du Premier ministre sur "l'absence de licenciements secs".
"Méfions-nous des débats lancés dans l'urgence"
Dans une interview au Figaro, le président de la Région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, en pointe de cette fronde des élus locaux, va plus loin : il affirme ainsi que les régions françaises pourraient prendre une participation comprise entre 5 et 10% dans le capital d'EADS. "Nous ne parlons pas d'une participation symbolique mais significative, c'est-à-dire au moins 5%", affirme l'élu socialiste qui souligne que les régions françaises sont "capables de réunir 150 millions d'euros".
Plus nuancée, l'ancien ministre des Affaires européennes Noëlle Lenoir a estimé pour sa part qu'elle n'était "pas certaine que la solution soit une entrée dans le capital d'EADS". "Le débat sur l'actionnariat des régions dans les entreprises, qui a été rouvert à l'occasion de la loi sur la décentralisation d'août 2004, est sans doute à revisiter, mais méfions-nous des débats lancés dans l'urgence et sous le coup de l'émotion, qui est par ailleurs parfaitement légitime", affirme-t-elle dans un entretien à Aujourd'hui en France/Le Parisien.
D'après agence
Fabius réclame "un actionnariat plus solide" pour Airbus |
L'ancien Premier ministre socialiste a appelé vendredi sur France Inter à donner "un actionnariat beaucoup plus solide" à Airbus, tout en jugeant qu'il fallait "recapitaliser" l'avionneur européen. Accusant "l'euro cher", Laurent Fabius a estimé en outre qu'"il y a eu des fautes considérables au cours des dernières années". L'ex-ministre de l'Economie a pointé "une double faute" du gouvernement, qui selon lui "n'a pas utilisé son rôle d'actionnaire et n'a pas prévu le remplacement de l'actionnaire privé défaillant par d'autres actionnaires, privés ou publics". En cas de victoire de la gauche, il a indiqué qu'il faudrait "modifier l'actionnariat, redonner une stratégie industrielle, appuyer le redéveloppement régional et donner une perspective longue à Airbus". |
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