Louis Gallois, patron d'Airbus lors la présentation de Power 8 à Toulouse le 28 février 2007 © DRPour lui, c'est un "poison" dans la compagnie. Louis Gallois, le patron d'Airbus, s'est plaint des ingérences des gouvernements lors de la mise au point du plan de restructuration "Power 8" de l'avionneur européen, dans une interview publiée samedi par le Financial Times. "J'ai été très surpris de voir que chaque gouvernement, Britannique, Français, Allemand et Espagnol, disait nous voulons la meilleure part du gâteau, nous voulons les composites, la haute technologie et ainsi de suite", a confié l'ancien PDG de la SNCF au quotidien économique et financier britannique.
"Mon travail était de sauver Airbus et de lui assurer un avenir. J'ai vu plein de gens voulant la plus belle part du gâteau sans se préoccuper de la taille du gâteau à partager", a-t-il ajouté. "J'ai répondu qu'il était plus important d'avoir encore Airbus dans 20 ans". "Le gouvernement américain n'ignore pas Boeing ou Lockheed Martin, mais je préfère qu'ils (les gouvernements européens) n'interfèrent pas avec la gestion de la compagnie", a-t-il conclu.
5 milliards d'euros d'économies
Le président-directeur général d'Airbus a encore affirmé qu'il n'était pas surpris par les grèves et manifestations prévues mardi prochain en France, mais a averti le personnel de la compagnie d'être conscient que leurs actions pourraient provoquer de nouveaux délais dans les livraisons d'avions aux clients d'Airbus.
Après cette dénonciation des ingérences gouvernementales, Louis Gallois aura sans doute du baume au coeur en apprenant que les actionnaires individuels d'EADS le "soutiennent totalement". C'est ce qu'a fait savoir samedi l'Association des petits porteurs actifs (Appac), en soulignant que "les actionnaires sauront prendre leurs responsabilités lors de la prochaine assemblée générale, et participeront à toute augmentation de capital nécessaire à l'avenir de cette grande société".
Le plan de restructuration de la société, annoncé mardi dernier, prévoit notamment la suppression de 10.000 emplois au cours des quatre prochaines années, 4300 en France, 3700 en Allemagne, 1600 en Grande-Bretagne et 400 en Espagne, afin de réaliser 5 milliards d'euros (6,58 milliards de dollars) d'économies entre maintenant et 2010.
D'après agence
Le Français Gallois et l'Allemand Enders critiquent le principe de coprésidence d'EADS |
"L'inconvénient principal de la double structure est que se créent un camp français et un camp allemand, car vous avez à la fois un chef français et un chef allemand", a estimé Louis Gallois dans le journal Süddeutsche Zeitung. "L'autre inconvénient est qu'elle ralentit de beaucoup le processus de décision dans les questions importantes", a-t-il ajouté. Il a toutefois noté qu'il n'était de toute façon pas habilité à changer la structure du groupe EADS, une décision qui devrait être prise par les actionnaires. |
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