Le TGV © LCILe TGV-Est signera-t-il l'arrêt de mort des liaisons Air France vers cette région ? A en juger par le plan social mis en place en 2004 incitant les salariés alsaciens d'Air France à la mobilité ou au départ, la compagnie aérienne s'attend à des répercussions. Et de tailles. Après d'innombrables reports, le TGV qui met Strasbourg à 2h20 de Paris et Nancy à 1h30 (au lieu de 4h et 2h40 aujourd'hui) sera inauguré en grandes pompes jeudi et lancé le 10 juin.
"Nous savons que pour un trajet d'environ deux heures, les passagers préfèrent le train à l'avion", concède-t-on chez Air France. La compagnie n'a pas attendu la mise en service de la ligne SNCF pour estimer la baisse de trafic sur ses liaisons. "Avant le lancement du TGV Paris-Marseille, l'avion était choisi par 65% à 70% des passagers. Après, la proportion s'est inversée". Quant à l'Est de la France, Air France revendique plus de 70% des déplacements et 60% sur la ligne Paris-Strasbourg. Actuellement, le train représente 35% du trafic entre Paris et Strasbourg contre 65% pour l'avion et "l'ambition est d'inverser la tendance le plus rapidement possible" avec un objectif d'une part de marché de 60% "d'ici douze à dix-huit mois", explique-t-on à la SNCF. "Avec le TGV, nous devrions perdre 500.000 passagers par an soit la moitié de notre clientèle", estime Air France qui ne détaillera pas le manque à gagner financier.
Guerre sur les tarifs
Première conséquence, la compagnie aérienne va réduire la voilure et ne proposera "plus" que 23 vols quotidiens à partir de cet été. Le nombre de fréquences quotidiennes sera maintenu sur Roissy car Air France estime que les passagers sont en transit pour des vols internationaux et que cette clientèle ne devrait pas baisser. En revanche, les vols reliant Orly à l'Alsace et la Lorraine passeront de 12 à 8. Air France n'abandonnera pas pour autant ses précieux créneaux horaires à Orly, très convoités par les compagnies à bas coûts en pleine expansion, comme easyJet. La compagnie "va utiliser ces 'slots' pour sa nouvelle filiale low-cost Transavia.com".
Quant à l'aéroport de Strabourg-Entzeim, il compte sur d'autres destinations pour compenser la fuite des voyageurs. La compagnie "low-cost" Brussels Airlines va ainsi relier Strasbourg à la capitale belge à partir du 25 mars. L'aéroport est en négociation avec une demi-douzaine d'autres compagnies à bas coûts pour des liaisons vers les pays de l'Est, selon la Chambre de commerce et d'industrie de la ville.
Voilà pour l'impact et la réaction défensive. Mais la compagnie entend bien contre-attaquer et notamment livrer bataille sur les prix. "Nous allons réduire nos tarifs", assure-t-on chez Air France. Pour le moment, le tarif le moins cher est de 59 euros aller-retour pour un Paris-Strasbourg. Une gamme de tarifs sera mise en vente dans les semaines qui viennent pour aller tancer la SNCF. Cette dernière facturera 63 euros un Paris-Strasbourg.
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