Comment éradiquer les "sales cons"

Par Blaise MAO, le 11 avril 2007 à 15h19 , mis à jour le 13 avril 2007 à 18h13

Avec "Objectif zéro-sale-con", Robert Sutton s'attaque aux individus dont le comportement au travail nuit à la performance de l'entreprise.

bureaux entreprise travail © TF1

Humiliations publiques, intimidations verbales, contacts physiques importuns...Ils ne reculent devant rien et s'attaquent toujours à plus petit qu'eux. Parfois intelligents mais toujours nuisibles, ces odieux parasites plombent la vie de leurs collègues et celle de l'entreprise. Vous en avez forcément déjà rencontré sur votre lieu de travail. Vous l'ignorez, mais peut-être en êtes-vous un vous-même. De qui s'agit-il ? Des sales cons bien sûr.

Une espèce qui sévit dans toutes les entreprises, à en croire Robert Sutton. Professeur de management à Stanford en Californie, ce spécialiste des "comportements organisationnels" a rédigé un "petit guide de survie face aux connards, despotes, enflures, harceleurs, trous du cul et autres personnes nuisibles qui sévissent au travail".

"Occasionnels" ou "certifiés"

Patron ou employé, homme ou femme, tout le monde peut, un jour ou l'autre, entrer dans cette catégorie. Mais pour définir un profil type, l'auteur a dressé la liste des douze vacheries auxquelles s'adonnent quotidiennement ces individus : "envahir l'espace personnel d'autrui", "lancer des insultes personnelles", "critiquer le statut social ou professionnel", "couper grossièrement la parole"...

Le livre fourmille d'exemples et d'anecdotes sur les personnes mal intentionnées, même si l'auteur distingue sales cons "occasionnels" et "certifiés". Parmi ces derniers, on trouve notamment des célébrités comme le producteur de cinéma Scott Rudin (A tombeau ouvert, The Truman show...), qui a renvoyé 250 assistants en cinq ans, ou l'ancien ambassadeur américain auprès des Nations Unies John Bolton qui, après recoupement de plusieurs témoignages, est décrit comme "lèche-bottes et botte-culs"...

Au-delà de l'anecdote, l'action de ces despotes peut nuire à l'entreprise. Pour "limiter leur potentiel de dévastation" et les "rééduquer", l'auteur propose de calculer le "coût total représenté par les sales cons" pour l'entreprise dans laquelle ils sévissent, en prenant notamment en compte le taux de démissions et de dépressions dans leur entourage.

"Détecteur de sales cons"

Robert Sutton distille également des conseils avisés pour combattre le sale con qui sommeille en chacun de nous :  "Admettre que vous en êtes un est le premier pas". Vous voulez savoir si vous en êtes ? Vous pouvez toujours faire le test mis au point par l'auteur : 24 affirmations auxquelles il suffit de répondre par vrai ou faux : "Vous avez le sentiment d'être entouré de crétins incompétents", "Vous jouissez en secret de la souffrance des autres"...

Pour les cas les plus désespérés, l'auteur recommande l'utilisation du "détecteur de sales cons". Mis au point par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology, cet appareil se branche sur un mobile et comporte un logiciel d'analyse vocale qui permet d'avertir l'utilisateur lorsqu'il devient agressif ou méprisant au téléphone.

En somme, Robert Sutton parvient à traiter avec beaucoup d'humour d'un problème sérieux. Et si son ambition est de faire de "l'Objectif zéro-sale-con" une règle de vie en entreprise, l'auteur reste lucide : à défaut de pouvoir éradiquer cette espèce, il espère au moins contribuer à en faire un "repoussoir symbolique".

  • Objectif Zéro-sale-con (Vuibert), de Robert Sutton

Valérie Expert-Journaliste LCIPour aller plus loin sur ce sujet
rendez-vous lundi, à 9h10 dans
On en parle
présenté par Valérie Expert,
en cliquant ici

Par Blaise MAO le 11 avril 2007 à 15:19
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

23 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Stoyf, le 24/04/2009 à 16h00

    J'ai été remercié de mon boulot après une periode de 2 ans d'apprentissage mélé à des périodes d'éssais, étant mis en concurence avec 2 autres apprentis. Je n'ai jamais profité du statut d'apprenti j'avais vite anticipé en me mettant dans la peau d'un ouvrier, avec des objectifs de rentabilité et de rapidité. Lorsque j'avais besoin de matériel, voyant que celà dérangeait les conducteurs de travaux dans leur... boulot, je prenais sur moi et j'allais acheter mes outils au magasin.Je le payais plein pot bien sûr. Je gagnais 50% du smic. Je me suis vite fais une raison, j'avais eu tort de prendre le monde de l'entreprise comme exemple. Je m'imaginais qu'elles (les entreprises) avaient un rôle social (oups, un gros mot...), d'intégration. Ca fait un an que je n'ai pas eu de propositions d'embauches, que je vis avec quelques chantiers au black par ci par là, en plus de l'argent de vos impôts et des charges patronnales qui me sont versées. Merci patron, ça 'est du boulot ! ;-)

  • Paul Lafarge, le 13/04/2007 à 15h13

    Contre les sales cons au boulôt : abolition du travail !

  • Dufour, le 13/04/2007 à 11h07

    Réponse simple: on est toujours sali par plus sale que soi, ça me rassure!!! l'orgueil mêne aux conflits

  • Legentil, le 13/04/2007 à 10h43

    C'est avec un large sourire et presque un soulagement que je constate que des personnes s'attaquent de plus en plus à ce sujet. Personnellement, dans mon entreprise, nous subissons deux "sales cons" et chacun s'en protège comme il peut. Moi, rare femme de la structure, je suis épaulée par ma psy et conseillée par un syndicat. Plus sérieusement, les deux sévissent depuis des années ici. L'un, simple cadre, est un râté qui ne parvient jamais à décrocher les promotions ou changements qu'il vise. Exécrable avec la clientèle bien souvent, il nous asperge de ses colères en permanence. Son sport favori est de nous discréditer auprès de nos collègues étrangers car bien sûr, il travaille ici en France entouré d'incompétents. Le 2ème est directeur donc il entre dans la hiérarchie de l'entreprise. Depuis plus de 10 ans, il fait la pluie et le beau temps, poussant dehors systématiquement toute personne qui se met sur son chemin et qui ose lui montrer ses erreurs. Car bien entendu, il n'en fait jamais aucune ! A cela, il faut rajouter une absence totale de remise en cause et un art très développé pour la persécussion mesquine. Conclusion, ces 2 personnes nuisent pour moi complétement à la productivité de l'entreprise puisqu'elles nous exposent plus à gérer leurs délires qu'à travailler mais ensuite, elles influent sur des choix aberrants et sont déjà responsables du départ de personnes compétentes. Je rêve d'un système beaucoup plus sévère en France, un peu à l'anglo-saxonne ou ce type de comportements seraient sanctionnés juridiquement.

  • Jean.A, le 13/04/2007 à 10h13

    Qui chasse les cons devient con...qui conpare parait con!mais je crois con est tous un peu cons en tant que CONtribuables,à voir ce que font les politicons de notre argent...

  • Tournesol, le 13/04/2007 à 08h56

    Que celui qui ne s'est jamais senti concerné lui jette la première pierre !

  • Manu, le 13/04/2007 à 08h30

    J'attends avec impatience les futurs sondages sur le sujet pour me faire un avis.

  • Jeanpierre, le 13/04/2007 à 06h11

    Le "moi je sais" est particulièrement Français,dans une société ou il faut être meilleur que les autres (études, travail, performance sociale) comment s'en étonner. Pourtant la véritable communication ç'est pas ça !!!

  • Ahmed, le 12/04/2007 à 22h28

    C est un tres bonne article j ai travailler dans un service ou un chef etait un sale con entrise en grande oreil il est grand temps que en france on fasse du management serieux et que l on passe aps des responsabilité a des sale con .

  • Leroydeck, le 12/04/2007 à 18h29

    Il faut faire un collectif pour sauver les cons!!! halte au racisme anti cons.. un monde sans con serait vite invivable...

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience