Crise au sommet de la maison Siemens

le 20 avril 2007 à 10h52 , mis à jour le 20 avril 2007 à 11h15

Heinrich von Pierer, président du conseil de surveillance du groupe et considéré comme l'un des patrons les plus influents d'Allemagne, démissionne.

[Expiré] [Expiré] Heinrich von Pierer, président démissionnaire du conseil de surveillance du groupe Siemens © AFP / O. Lang

Les conséquences des divers scandales de corruption au sein de Siemens ont atteint le sommet du groupe, avec la démission du président du conseil de surveillance Heinrich von Pierer. L'ex-patron de l'entreprise, capitaine d'industrie historique de l'Allemagne, abandonnera ses fonctions lors de la prochaine réunion du conseil de surveillance le 25 avril, a annoncé Siemens dans la nuit de jeudi à vendredi par un communiqué surprise. L'organe de contrôle proposera la candidature de Gerhard Cromme, ancien patron du sidérurgiste allemand ThyssenKrupp et considéré comme un spécialiste des questions d'éthique, pour lui succéder.

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"Malgré des performances exceptionnelles, Siemens fait face à une situation difficile due à la mauvaise conduite en partie prouvée, en partie avancée sans preuve, d'un certain nombre de dirigeants et d'employés", explique Heinrich von Pierer dans le communiqué, qui rappelle que le conseil de surveillance et le directoire ont lancé une enquête indépendante pour établir les responsabilités à la fin de l'année dernière. "Mon implication personnelle dans l'enquête menée actuellement n'a pas été à la base de ma décision", tient toutefois à préciser le président du conseil de surveillance. "La seule raison de ma décision aujourd'hui est de servir au mieux les intérêts de Siemens".

"Ne pas condamner d'avance"

La pression montait depuis plusieurs semaines sur Heinrich von Pierer, patron exécutif du groupe de 1992 à 2005, considéré comme l'un des patrons les plus influents d'Allemagne et qui fait partie des conseillers de la chancelière Angela Merkel. L'association de petits actionnaires DSW a jugé vendredi qu'il avait "pris la bonne décision" mais qu'il "ne fallait pas pour autant le condamner d'avance". Il est vrai que Siemens est secoué depuis de longs mois par des affaires de caisses noires et de corruption à répétition.

L'enquête la plus importante porte sur des pots-de-vin versés pour décrocher de gros contrats de télécommunications à l'étranger, dont celui des Jeux olympiques d'Athènes en 2004. Le montant évoqué est de 400 millions d'euros. Plus récemment une autre affaire a ébranlé l'entreprise, portant cette fois sur une tentative présumée de soudoyer un petit syndicat. Un membre du directoire a été incarcéré une semaine à cause de cette affaire. Deux anciens cadres du groupe sont par ailleurs en procès en Allemagne, suspectés d'avoir organisé le versement de quelque 6 millions d'euros de pots de vin pour décrocher des contrats dans l'énergie. Enfin, Siemens est également sur la sellette pour des violations présumées des règles du programme "Pétrole contre nourriture" de l'Onu.

D'après agence

le 20 avril 2007 à 10:52
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