© INTERNESept heures de vol pour une somme dérisoire mais sans jus de tomate, petit snack et "coffee, tea ?". Les transporteurs aériens à bas coût commencent à s'aventurer sur le terrain des vols long-courriers. Ryanair a annoncé lundi dans le magazine Flight International son intention d'opérer des liaisons transatlantiques d'ici 2009, avec des tarifs commençant à 10 euros. La compagnie irlandaise utiliserait une autre marque que celle de Ryanair et s'équiperait d'une cinquantaine de transporteurs long-courriers, des Airbus A350 ou des Boeing 787.
Les recettes resteraient à peu près les mêmes que sur les vols moyen-courriers de Ryanair en Europe : desserte d'aéroports secondaires sur la côte est des Etats-Unis, aux redevances moins onéreuses que celles JFK ou Newark, et facturation de la nourriture, des boissons et des divertissements à bord pour dégager des revenus complémentaires. Un projet rendu possible par l'accord "ciel ouvert", conclu le 22 mars entre les 27 pays de l'UE, qui libéralisera à partir du 30 mars 2008 le marché des liaisons aériennes entre l'Europe et les Etats-Unis.
Impossible rentabilité
Deux jours auparavant, la filiale britannique de la compagnie canadienne à bas coûts Zoom Airlines annonçait la mise en service en juin d'une liaison Londres-New York pour un prix d'appel de 190 euros, opérée de l'aéroport de Gatwick. Hors d'Europe, le scénario "low cost long-courrier" fait aussi son chemin. La compagnie malaisienne AirAsia s'apprête à lancer AirAsia X, qui proposera des vols long-courriers à prix cassés entre Kuala Lumpur et plusieurs villes d'Europe, de Chine et d'Asie.
Ces initiatives sont accueillies avec un certain scepticisme par nombre d'experts du transport aérien, qui mettent en doute la capacité des "low cost" à rivaliser avec les transporteurs traditionnels sur des liaisons longue distance et à maintenir leur rentabilité. En long-courrier, les marges de manoeuvre seraient moins importantes que sur le moyen-courrier.
Dans le cas de vols transatlantiques, Ryanair sera notamment privé de l'une de ses recettes-clé pour comprimer ses coûts en Europe : une rotation intensive sur de courtes distances assortie de temps d'escale réduits qui maximisent la productivité des appareils. La maintenance requise est également plus importante. Sans compter le carburant, qui grimpe à 25% des frais d'exploitation sur de longues distances: une dépense incompressible et difficile à ne pas transférer sur le prix du billet.
d'après agence
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