Bruxelles au secours du projet Galileo ?

le 05 mai 2007 à 11h12 , mis à jour le 05 mai 2007 à 11h28

Le futur concurrent du GPS prenne à prendre l'air, les industriels impliqués dans le projet sont en retard, et Bruxelles tape du poing sur la table.

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Face à la lenteur des industriels chargés de piloter le projet, la Commission européenne pourrait s'impliquer beaucoup plus d'ici la mi-mai dans le projet de système de navigation par satellite Galileo. Le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot a précisé vendredi qu'il présenterait le 16 mai à ses collègues de la Commission des "solutions alternatives". Et selon une source européenne proche du dossier, ces "alternatives" iraient de la reprise en main totale par la Commission du projet de déploiement des 30 satellites à une reprise en main partielle. L'un des scénarios évoqués serait notamment que les 18 premiers satellites déployés bénéficieraient d'un financement public, avant le retour sur la scène des entreprises privées.

Galileo vise à affranchir les Européens de leur dépendance à l'égard du système américain GPS, dans des domaines devenus stratégiques comme la gestion du trafic aérien, maritime et automobile. Ce projet doit se composer d'une constellation de 30 satellites placés en orbite à quelque 20.000 km d'altitude, qui serait pleinement opérationnelle vers 2013. Une reprise en main complète du projet par la Commission pourrait coûter un peu moins de 2 milliards d'euros supplémentaires au budget européen sur la période 2007-2013, alors que 1,5 milliard d'euros sont actuellement prévus. Une décision aussi radicale reviendra au final aux Etats membres de l'UE. Les ministres européens des Transports doivent se pencher sur le cas Galileo les 7 et 8 juin.

Les industriels européens tergiversent

La phase de développement a été financée à parité par l'Agence spatiale européenne et la Communauté européenne. La phase de déploiement - qui démarrera après la signature du contrat de concession d'une durée de 20 ans - et la phase d'exploitation devaient en principe faire l'objet d'un partenariat public privé. Mais une source européenne proche du dossier s'est montrée sévère vendredi sur la réponse envoyée la semaine dernière par les entreprises européennes chargées du projet (EADS, les français Thales et Alcatel, l'italien Finmeccanica, les espagnols Aena et Hispasat, le britannique Inmarsat et l'allemand TeleOp) à l'Autorité de surveillance du projet : "Ils avancent des conditions nouvelles, demandent plus de temps, plus d'argent et plus de garanties publiques".

Les ministres des Transports des 27 avaient fixé au 10 mai un ultimatum aux huit industriels pour qu'ils respectent enfin une partie de leurs engagements. Depuis, la société concessionnaire du projet (Euro-GNSS) a été enregistrée officiellement fin mars. Et Jean-François Bou, directeur du programme Galileo chez Thales, a été nommé président par intérim en attendant la nomination d'un dirigeant indépendant. Ce dernier juge "vraisemblable" que des scénarios alternatifs seront présentés par la Commission. "Dans tous les cas, les industriels sauront se mettre en ordre de bataille pour assurer la réussite du projet", assure-t-il.

D'après agence

le 05 mai 2007 à 11:12
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