EADS : La Tribune accuse, Lagardère entendu

le 29 mai 2007 à 06h43 , mis à jour le 29 mai 2007 à 20h35

Selon le quotidien économique, les dirigeants d'EADS étaient au courant des retards de l'A380 à la veille des premières ventes de stock-options.

L'A380 lors de la cérémonie de remise du certificat de navigabilité, le 12 décembre 2006, à Toulouse.L'A380 lors de la cérémonie de remise du certificat de navigabilité, le 12 décembre 2006, à Toulouse. © LCI/TF1

Alors que l'autorité des marchés financiers a entendu pendant près de neuf heures mardi après-midi Arnaud Lagardère, coprésident français d'EADS, dans le cadre de l'enquête sur de possibles délits d'initiés, La Tribune a publié le matin même une enquête embarrassante pour les dirigeants de la maison mère d'Airbus. Selon le quotidien économique, ils étaient au courant dès le début de mars 2006 des retards du programme A380. Des informations qui auraient pu fortement les inciter à exercer leurs stock-options dès le lendemain. Au cours de son audtion, Arnaud Lagardère a réaffirmé la position qu'il a exprimée à plusieurs reprises, récusant tout délit d'initié de sa part ou de son groupe.

L'enquête de l'AMF concerne les ventes d'actions effectuées par les principaux dirigeants du groupe en mars-avril 2006, alors que l'action était au plus haut, entre 30 et 35 euros, moins de trois mois avant l'annonce des retards du programme A380 qui avait provoqué une dégringolade brutale. Le titre EADS, qui s'était déjà replié sous les 30 euros en avril-mai, perdait plus de 26% en une seule séance, le 14 juin, pour tomber à 18,73 euros. Or, pendant une période autorisée pour la vente d'actions issues de stock-options, entre le 8 et le 28 mars 2006, l'ancien coprésident exécutif d'EADS Noël Forgeard a réalisé une plus-value de 2,5 millions d'euros et des ventes d'actions réalisées par ses enfants ont rapporté un million de plus-value supplémentaire. Jean-Paul Gut a lui réalisé une plus-value de 1,15 million d'euros. Quatre autres salariés membres du comité exécutif d'EADS ont réalisé des plus-values allant de 365.000 à 1,2 million d'euros.

Une deuxième enquête de l'AMF ?

L'AMF soupçonne qu'ils auraient pu bénéficier d'informations privilégiées et a lancé une série d'auditions de dirigeants d'EADS. La Tribune évoque pour sa part ce mardi une révision à la baisse du calendrier des livraisons d'A380 dans un plan interne de production d'Airbus, qui aurait été édité dès le 6 mars 2006. Ce plan, selon le quotidien économique, prévoyait la livraison en 2007 de seulement 24 exemplaires de l'avion géant, au lieu des 29 annoncés initialement. Cette modification du calendrier n'aurait pourtant pas été mentionnée dans le procès verbal du conseil d'administration qui s'était tenu le lendemain à Amsterdam. Et le 7 mars au soir, Noël Forgeard faisait signer par Hans-Peter Ring, directeur financier du groupe, l'autorisation de vendre ses stock-options. Au total, 85% des 800 dirigeants possédant des stocks les auraient alors exercées, note La Tribune

Dans une conversation téléphonique entre l'homme d'affaires Jean Galli Douani et Alain Garcia, ex-directeur technique d'Airbus, ce dernier aurait affirmé pourtant que lors du conseil d'administration du 7 mars, "de graves problèmes industriels d'Airbus" et des retards "conséquents" auraient été évoqués, selon le quotidien. L'enregistrement de cette conversation a été remis aux autorités judiciaires, toujours selon le journal qui précise qu'EADS a démenti les propos d'Alain Garcia, parti en retraite en avril.

Selon le journal Handelsblatt, la Bafin, l'équivalent allemand de l'AMF, devrait demander l'ouverture d'une enquête pour délit d'initié dans les prochains jours. En France, pour l'heure, assure La Tribune, l'enquête de l'AMF concerne seulement "le marché du titre" et vise à rechercher l'existence d'un délit d'initié - délit souvent difficile à démontrer. C'est dans ce cadre qu'Arnaud Lagardère est entendu ce mardi. Mais, s'il faut en croire le quotidien économique, une nouvelle enquête serait déjà lancée sur l'exactitude et la sincérité des informations portées par EADS à la connaissance du marché.

D'après agence

TF1-LCI, Vincent PerraultPour aller plus loin sur ce sujet
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présentée par Vincent Perrault,
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le 29 mai 2007 à 06:43
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21 Commentaires

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  • Patrick, le 29/05/2007 à 16h06

    Dans cette affaire, Mr Sarkozy, vous allez être "au pied du mur", il va falloir que vous nous montriez clairement que vous tenez votre parole et que vous ferez en sorte que ces patrons peu recommandables soient traduits en justice et écopent d'une peine significative. De façon à ce qu'ils comprennent bien que leur position ne leur autorise pas tout et qu'ils ont un rôle social à assurer !! Merci Mr Sarkozy de faire honneur à l'image que vous nous avez donnée pendant la campagne.

  • Fog, le 29/05/2007 à 14h11

    Oh bah alors si lagardere doit être entendu............looool

  • Dany, le 29/05/2007 à 14h01

    Et ça continue encore, encore....Pour nous ce serai la taule, Non ?

  • Danie, le 29/05/2007 à 13h49

    Quel imbécile aurait pu croire le contraire !?!

  • Guillaume, le 29/05/2007 à 13h48

    Si le délit dinitiés est avéré, il y aura des sanctions pévues par la loi. Espérons que toute la lumière sera faite.

  • Margaux, le 29/05/2007 à 13h40

    Mais qui sera étonné par ces révélations ? A qui voudrait-on faire croire que certains dirigeants d'EADS ont soudainement vendu leurs action comme cela ! sur un simple coup de tête ! C'est un véritable scandale et ce n'est malheureusement pas le premier et le dernier !!! Ces soit-disant grands dirigeants d'entreprise n'ont vraiment pas de quoi être fiers d'eux !!!

  • Pelegry, le 29/05/2007 à 12h53

    Bonne nouvelle, il resterait des journalistes dans ce pays (enfin pas tout à fait, ils travaillent avec un decalage de quelques mois, il ne faut pas embêter le "frère" du President

  • Arnaud, le 29/05/2007 à 12h52

    Si cela est vrai, c'est alors purement écoeurant, ignoble, scandaleux. Et ça ne relève plus alors de l'indignation mais bel et bien de la justice. Mr Sarkozy, allez-vous également requérir la sévérité la plus exemplaire comme avec les meurtriers de la route et vous rallier au combat des salariés d'EADS?

  • Thomas, le 29/05/2007 à 11h58

    Petit rappel technique, exercer ses stock option signifie avoir quazi gratuitement une action et la revendre immediatement a quelqu'un d'autre. C'est a dire dans le cas present qu'il sagit de voler et d'abuser quelqu'un qui a donner son argent en echange d'un papier devalué par nature. Nous avons donc affaire a une bande de braqueur de caisse d'épargne digne des plus mauvaises heures de la bande a Bonneau, Forgeart et sa clique méritent 20 ans de forteresse.

  • Eric, le 29/05/2007 à 11h45

    Bel exemple de patrons voyous qui de plus, comparent leur salaire au salaire des patrons américains. Tout en comparant le salaire des ouvriers Français aux Chinois.

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