Noël Forgeard, ancien vice-président d'EADSL'ex-coprésidentexécutif d'EADS Noël Forgeard, qui a, a ses dépends, popularisé le terme de parachute doré, réfute dans Le Point à paraître jeudi les accusations de délit d'initié dont il est l'objet et défend son bilan à la tête de l'avionneur Airbus.
"Airbus n'a pas signalé de retard irrattrapable avant mi-avril 2006, et les conséquences financières étaient alors très limitées", assure l'ex dirigeant, qui a démissionné le 2 juillet 2006 de la coprésidence d'EADS, maison mère d'Airbus, empêtré dans les retards du programme de son avion géant A380. Soupçonné de délit d'initié pour avoir exercé ses stock-options le 7 mars, soit trois mois avant l'annonce publique de nouveaux retards sur l'A380, M. Forgeard affirme qu'il a "respecté toutes les règles qui sont parmi les plus contraignantes des sociétés du CAC 40".
"Le bilan depuis huit ans reste positif"
L'ancien dirigeant dresse aussi un bilan positif de son action et souligne que, sous son impulsion, "Airbus est devenu un leader mondial". Malgré le plan de restructuration Power8, qui va représenter 10.000 suppressions d'emplois entre Airbus et ses sous-traitants, "le bilan depuis huit ans reste positif en dizaines de milliers d'emplois", plaide-t-il.
Président d'Airbus de 1998 à 2005, puis coprésident exécutif d'EADS (2005-2006), il estime qu'après la mort de Jean-Luc Lagardère en 2003, "le représentant de Daimler, Manfred Bischoff a pris l'ascendant et s'est glissé dans la peau d'un champion national". Il met également en cause l'attitude de son homologue allemand à la coprésidence exécutive : "Je suis très déçu par Tom Enders. J'en viens à me demander s'il n'avait pas reçu de Jürgen Schrempp le patron de Daimler, le mandat de me neutraliser, sinon de m'abattre".
"Qu'on me prenne pas comme bouc émissaire"
L'ex dirigeant attribue une grande partie des difficultés d'industrialisation de l'A380 à la volonté des responsables de l'usine de Hambourg de "conserver leur méthodes" alors qu'il était favorable à un "système unique" d'outils informatiques pour les câblages de l'A380. Il se reconnaît "la responsabilité de n'avoir pas davantage tapé du poing sur la table en 2002 pour avoir une homogénéité totale des systèmes informatiques". L'ex dirigeant estime également que son successeur à la tête d'Airbus de 2005 à 2006, l'Allemand Gustav Humbert, "n'a pas été l'homme de la situation".
Il défend par ailleurs son droit aux indemnités de départ, plus de 8 millions d'euros, en déclarant : "quel salarié viré du jour au lendemain et sans faute, - sans faute j'insiste bien - devrait refuser d'être indemnisé. La légalité et l'équité ont été respectées". Il conclut l'entretient en affirmant qu'il ne rendra pas ces indemnités : "EADS n'est pas en faillite, n'en déplaise à ceux qui parlent sans savoir". "Qu'il y ait un débat pour réformer la rémunération des dirigeants oui. Mais qu'on me prenne comme bouc émissaire, non", lance-t-il.
D'après agence
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