Gonzague de Vallois, vive-président de GameloftGonzague de Vallois est vice-président de Gameloft, l'entreprise française qui fait parler d'elle sur le marché du jeu vidéo sur téléphone portable. Gameloft multiplie les signatures de licences prestigieuses - Shrek, Die Hard 4, Heroes... - et vient de s'attacher les services d'un ambassadeur de poids pour son dernier jeu de football : Patrick Vieira.
Notre jeu de poker est un gros succès Gonzague de Vallois
LCI.fr : Quelle est la particularité du jeu vidéo sur mobile?
Gonzague de Vallois : L'accessibilité et la simplicité. On doit pouvoir jouer avec une ou deux touches et un curseur sans se poser de questions. On doit aussi pouvoir s'amuser, avoir la satisfaction de finir un niveau, sur un espace de quelques minutes, dans le métro par exemple.
LCI.fr : Quels sont vos grands succès?
G. de V. : Il y a bien sûr des licences, comme Rayman ou Prince of Persia mais également des jeux "maison", comme notre "casse-briques" qui marche très fort. Les titres inspirés de série comme Desperate Housewives ou Lost plaisent aussi beaucoup et, cela ne vous étonnera pas, notre jeu de poker est un gros succès en ce moment.
LCI.fr : C'est un marché qui est pourtant limité aujourd'hui...
G. de V. : Notre pari, c'est qu'il y a une énorme marge de progression. En France, seulement 2% des utilisateurs de téléphone portable téléchargent au moins un jeu chaque mois, la moitié sont des femmes. Dans des pays d'Asie comme le Japon ou la Corée, ils sont 10% à 15%. Il y a donc un énorme potentiel de développement : à nous de faire grossir ce marché! Certaines personnes ne savent pas encore, par exemple, qu'ils peuvent, simplement, télécharger des jeux sur leur portable.
Nous ne sommes pas riches, mais déjà rentables Gonzague de Vallois
LCI.fr : Vous achetez des licences reconnues et vous signez de prestigieux ambassadeurs, comme Patrick Vieira, capitaine de l'équipe de France, pour votre nouveau jeu de football. Ca y est, vous êtes riches?
G. de V. : Nous ne sommes pas riches, mais nous sommes déjà rentables avec une marge de 3,5%. Nous pouvons nous permettre des ambassadeurs prestigieux mais les partenariats ne sont pas encore de même niveau financier que certains jeux console. Comme Pro Evolution Soccer et leur contrat avec Thierry Henry.
LCI.fr : La France est-elle bien placée sur ce secteur?
G. de V. : Gameloft est français, et nous sommes numéro deux mondial, derrière Electronic Arts. Il y a toujours une vraie French Touch dans le jeu vidéo. Les difficulté que connaît la filière en France, les faillites, ont été liées à des problèmes de management. En aucun cas de créativité, qui reste intacte.
LCI.fr : Pourquoi alors ne pas produire tous vos jeux en France?
G. de V. : Nous produisons nos jeux en France, en Amérique du Nord et en Asie car le jeu vidéo est un produit parfois lié à la culture locale. Cela fait sens qu'un Japonais développe un jeu de Mah Jong - un jeu de société très populaire en Asie, et un Américain, un jeu de football américain.
LCI.fr : On peut dire que le jeu sur mobile en est encore à sa préhistoire...
G. de V. : La préhistoire peut être pas, mais je dirais le Moyen-âge! Notre jeu de football, en 3D, tient par exemple sur 600 kilooctets. C'est dérisoire par rapport à un jeu console. Nous devons donc être astucieux et contourner ces limites techniques. Les évolutions des réseaux vers le haut-débit et les nouveaux téléphone portables - qui atteignent pour certains le niveau de la PlayStation première génération - vont nous permettre d'avancer.
L'avenir est au jeu en réseau Gonzague de Vallois
LCI.fr : Comment vont évoluer les marchés de la téléphonie et du jeu vidéo sur portable?
G. de V. : Téléphones, lecteurs MP3 et consoles portables vont fusionner en une seule et même entité. On le voit déjà : les téléphones portables deviennent baladeurs, l'iPod se met au jeu, la console DS de Nintendo pourrait devenir un téléphone... Concernant le jeu vidéo portable, l'avenir est au jeu en réseau en temps réel, rendu possible grâce aux réseaux de nouvelle génération. Aux Etats-Unis, nous avons organisé des courses de rallye en réseau sur téléphone entre la cote Ouest et la cote Est. C'était impressionnant.
LCI.fr : Vous êtes victime du piratage comme les jeux vidéo traditionnels?
G. de V. : C'est même pire, car la petite taille de nos fichiers nous rend plus vulnérables. Un ami m'a récemment félicité pour un de nos jeux qu'il venait de télécharger sur un site pirate! Notre réponse est triple. D'abord une cellule piratage qui traque ces sites et tente de faire retirer nos contenus. Ensuite, une vraie agressivité en terme de prix : nos jeux ne dépassent pas cinq euros. Et enfin, proposer une vraie simplicité de téléchargement des jeux via des plateformes efficaces.
| LE JEU SUR MOBILE : COMMENT CA MARCHE? | ||
Gameloft et ses concurrents proposent une ludothèque variée compatible avec la quasi-totalité des téléphones du marché et disponible sur les plateformes de téléchargement des opérateurs Orange, SFR, et Bouygues Télécom directement via votre portable. Vous pouvez également passer par leur site Internet. Vous recevrez alors un SMS qui vous indiquera comment les télécharger en quelques clics. Sont disponibles aujourd'hui des jeux de sport, de société, et même des "sims-like" ou vous prenez en mains les destinées d'un être humain. Ils coûtent entre 2 et 5 euros et des formules d'abonnement existent. |
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