Le président d'Airbus, Louis GalloisLors de sa campagne, Nicolas Sarkozy s'était prononcé pour une renégociation du pacte d'actionnaires d'EADS. Louis Gallois se range à ses côtés. Nicolas Sarkozy "juge cela indispensable pour procéder à une augmentation de capital et à l'arrivée de nouveaux actionnaires (...) C'est une option que je partage, même si j'ai toujours eu le soutien des actionnaires actuels", explique le coprésident français d'EADS, dans une interview accordée mardi au Monde.
Actuellement, le capital d'EADS est réparti entre actionnaires français et allemands, publics et privés. Mais en vertu d'un pacte signé il y a sept ans, ce sont les deux actionnaires privés qui dirigent le groupe au sein d'une présidence bicéphale au conseil d'administration et à l'exécutif. Louis Gallois, coprésident d'EADS avec l'Allemand Thomas Enders, souhaite qu'une "direction plus normale" se mette en place.
"L'Etat n'a pas à interférer dans le management de l'entreprise"
Interrogé sur ses relations parfois tendues avec son homologue allemand, Louis Gallois répond qu'il reste "du même avis (que lui) sur le fait que l'Etat n'a pas à interférer dans le management de l'entreprise. Ce qui a d'ailleurs été clairement dit par M. Sarkozy". Au lendemain de sa prise de fonction, le président de la République avait déclaré que l'Etat ferait "son devoir s'il doit y avoir une augmentation de capital". Tout en précisant que l'Etat n'avait "pas vocation à rester dans le capital du groupe aéronautique européen une fois que celui-ci aurait retrouvé une bonne santé".
L'Etat détient actuellement 15 % du capital d'EADS. Le groupe européen d'aéronautique et de défense traverse des turbulences depuis l'annonce de retards dans la construction de l'A 380. 10 000 emplois sont menacés au sein de la filiale Airbus.
Les stock-options, "ce n'est pas sain" |
"Personnellement, je suis de moins en moins favorable à ce système (de rémunération) qui s'apparente à une loterie. Ce n'est pas sain", déclare Louis Gallois. L'ancien coprésident du groupe d'aéronautique et de défense, Noël Forgeard, avait créé la polémique en vendant ses stock-options en mars 2006, alors que l'action d'EADS était au plus haut. Trois mois après, le cours de l'action s'effondrait, miné par l'annonce du retard pris dans la fabrication de l'Airbus A380. Noël Forgeard avait réalisé une plus-value de 2,5 millions d'euros. "Je préfère la distribution d'actions gratuites, qui sont un vrai complément de salaire. Au sein du groupe, nous évoluons d'ailleurs vers une telle pratique, ajoute Louis Gallois. Pour le coprésident d'EADS, la démarche d'Henri de Castries, le patron d'Axa, qui a renoncé à ses stock-options, "honore celui qui la mène". "Je réfléchis à une initiative", poursuit Louis Gallois. |
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