© LCI"Une pratique détestable" pour Nicolas Sarkozy, qui rend "fumasse" Laurence Parisot... Les "parachutes dorés" sont pointés du doigt. Ce mode d'indemnisation des dirigeants d'entreprises n'est pourtant pas nouveau. Mais le montant de certains golden parachutes (8,5 millions d'euros pour Noël Forgeard, 12 millions d'euros prévus pour Jean-Paul Gut) dans un contexte de licenciements massifs (10 000 emplois doivent être supprimés chez EADS) a suscité la polémique. D'où la question de leur suppression.
Juridiquement faisable, l'interdiction des "parachutes dorés" demeure "irréaliste et difficile à mettre en œuvre", estime Me Sylvain Niel, avocat en droit social au cabinet Fidal. De nombreux dirigeants bénéficient de ce type de compensations contractuelles. Ces indemnités "font (pour eux) office d'assurance-chômage et compensent la rupture" de leur contrat, explique Me Niel. Remettre en cause ces contrats, du jour au lendemain, serait difficile... Par ailleurs, l'avocat estime que "cela mettrait la législation française en porte-à-faux avec ce qui existe dans le monde", parlant même d'un risque de fuite des entreprises vers des cieux plus cléments.
"Autodiscipline" plutôt que législation
Si les classes politique et syndicale se sont indignées à l'unisson, les remèdes proposés diffèrent. L'Etat veut prendre en main le dossier, quand le patronat prône la responsabilité. Le ministre de l'Economie, Jean-Louis Borloo, devrait ainsi déposer cet été une loi sur "l'éthique et la moralisation" visant à interdire ces "parachutes dorés".
Pour Laurence Parisot, cette moralisation doit venir des entreprises elles-mêmes. La présidente du Medef parle "d'autodiscipline" en matière de rémunération. A l'image d'Henri de Castries, le président d'Axa, qui a renoncé à ses stock-options au titre de l'année 2007, parce qu'il estimait en avoir suffisamment reçu.
Le "bien public" contre les grandes banques
Depuis la loi Breton du 26 juillet 2005, la rémunération des dirigeants doit être présentée dans le rapport de gestion soumis aux actionnaires. Dans les faits, les indemnités ont déjà été versées, lorsque les actionnaires sont saisis de la question. Selon Pierre-Henri Leroy, conseil en gestion du vote, l'approbation a priori, et non plus après coup, des actionnaires en assemblée générale pourrait être une première victoire du "bien public".
Autre problème, les actionnaires seraient conseillés par les mêmes qui s'accordent ces indemnités. Avec son cabinet Proxinvest, Pierre-Henri Leroy oriente les actionnaires en matière de vote, en assemblée générale. Mais, contrairement "aux grandes maisons de gestion", qui appartiennent aux banques, il se dit indépendant. Selon lui, les banques conseillent les petits porteurs tout en finançant les principaux actionnaires... qui nomment les dirigeants de sociétés. La fin des "pratiques immorales" que sont les "parachutes dorés" passerait donc par une "réforme du système financier", afin de faire tomber les privilèges qu'une classe s'octroierait.
Une solution plus réaliste : la loi qui pourrait plafonner le montant du "parachute" à "un an de rémunération entière". Pour Pierre-Henry Leroy, ce serait "une règle de bon sens".
| Qu'est-ce qu'un "parachute doré" ? |
Golden parachutes, "parachutes dorés", indemnités de départ... Ces termes recouvrent en réalité plusieurs types d'indemnités contractuelles versées au patron au moment de son départ souvent prématuré. Cette indemnisation peut être versée en cas de licenciement, de restructuration ou de départ anticipé de l'intéressé. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




