Des membres du collectif Génération précaire au tribunal pour la condamnation d'un employeur à 6 mois de prison avec sursis, le 23 février 2007 © TF1/LCILCI.fr : Xavier Bertrand a annoncé lundi sur RMC, qu'il allait bâtir un statut pour les stagiaires afin d'éviter qu'ils ne fassent le boulot d'un salarié mais sans couverture ni rémunération. Comment accueillez-vous la proposition du nouveau ministre du Travail ?
Julien (1) : Le ton de Xavier Bertrand est bon. Nous sommes dans la spéculation. Le ministre lui-même a dit que la charte de 2006 signée par l'ancien gouvernement qui devait permettre de "sécuriser" le secteur ne marchait pas (voir notre encadré). Nous partageons depuis longtemps cette opinion. Nous sommes néanmoins très prudents car c'est une période électorale. Nous avons téléphoné au cabinet ministériel. Mais il est encore en formation et personne n'a pu vraiment nous renseigner sur les détails de ce qui se prépare. Mais cela dit, il y a de la part du ministre du Travail une bonne lecture.
Notre espoir vient aussi de Valérie Pécresse, l'actuelle ministre de l'Enseignement supérieur. Quand elle était députée, nous l'avions rencontrée. C'est elle qui est à l'origine de la proposition de loi sur la pénalisation des abus de stage (ndlr : qui n'a pas été votée). Nous estimons que la situation peut changer car tout est mûr pour cela.
LCI.fr : Vous militez depuis longtemps pour "l'inscription du stagiaire dans le Code du travail et une rémunération minimale et progressive" ? Qu'est ce que cela changerait concrètement pour les stagiaires ?
J : Cela permettrait que le stage se rapproche de l'apprentissage. L'apprenti à tous les droits d'un salarié dans une entreprise : les congés, les cotisations, les droits sociaux. Le stagiaire est pour le moment un "ovni" dans le monde du travail. Côté rémunération, il faut savoir que la majorité des stagiaires sont payés moins que le SMIC ou ne reçoivent qu'un euro symbolique de l'entreprise. La loi sur la rémunération du salaire minimum des stagiaires mise en place par Villepin existe mais pas le décret d'application.
LCI.fr : Vous demandez que la loi soit votée lors de la cession extraordinaire de juillet. Pourquoi ?
J : Il faudrait qu'elle passe cet été pour verrouiller les prochains stages de longues durées qui débutent en septembre. Et c'est tout à fait possible. La loi sur l'université pourra par exemple, comporter un amendement pour le statut du stagiaire. Le temps presse. Depuis 1978, rien ou presque n'a été fait pour les stagiaires. Villepin n'a fait qu'effleurer le problème avec sa charte. L'insertion des jeunes est en jeu. Quoiqu'il en soit, Génération précaire veut être associé à l'élaboration du statut de stage.
(1) : Les membres du collectif Génération précaire témoignent sous couvert d'anonymat et manifestent masqués.
| Que dit la Charte de 2006 ? |
Signée mercredi 26 avril 2006 par les ministres Gérard Larcher et François Goulard, la "Charte des stages étudiants en entreprise " offre plusieurs garanties aux stagiaires : - Le caractère pédagogique du stage - L' encadrement par un enseignant et par un membre de l'entreprise - Une convention-type engageant la responsabilité de 3 signataires - Des dispositifs d'évaluation et de suivi |
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