TGV en gare de l'Est, à Paris © TF1/LCIAu lendemain de l'inauguration en grande pompe avec François Fillon en invité, place aux premières liaisons commerciales. Le premier train à grande vitesse, un ICE allemand, de la nouvelle ligne Est européenne qui réduira les temps de trajet en Europe, a quitté dimanche, à 6h43, la Gare de l'Est à Paris. Destination : Sarrebruck, en Allemagne. Le premier TGV français de la ligne est quant à lui parti de Strasbourg pour Paris un peu plus tard, à 7h15.
Pour ce premier jour d'exploitation, les places se sont vendues comme des petits pains : les TGV qui circulent ce dimanche ont des taux de remplissage situés en moyenne entre 85 et 95% sur la liaison Paris-Strasbourg-Mulhouse. Le taux moyen de remplissage d'un TGV étant généralement de 73%... Quatre-vingt-treize allers-retours sont au menu de cette première journée, tous trajets confondus (Paris-Metz, Paris-Reims ou Paris-Sarrebruck par exemple).
Rapprocher l'Europe... sans éloigner la banlieue ?
Avec cette nouvelle ligne, la SNCF espère augmenter de 65% sa fréquentation vers l'Est qui devrait passer de huit millions de voyageurs actuellement à 11,5 millions d'ici à 2010. Le TGV Est met désormais Paris à 2h20 de Strasbourg, au lieu de 4 heures, plaçant Reims à 45 minutes de Paris, contre 1h40 auparavant, Metz et Nancy à 1h30 contre 2h45 aujourd'hui, et la ville allemande de Francfort à 3h50 au lieu de 6h15.
Mais lors de l'inauguration de samedi, le Premier ministre François Fillon a tout de même assorti son commentaire enthousiaste sur ce "rêve réalisé" qu''est le TGV-Est, d'une incitation à améliorer les autres services de la SNCF, notamment en ce qui concerne les trains régionaux et les trains de banlieue. Il est vrai qu'en région parisienne, nombre de passagers qui utilisent le train quotidiennement pour se rendre au travail craignent d'être oubliés. "En rapprochant la province, on éloigne la banlieue !", s'insurgent des usagers des trains de la banlieue Est de Paris qui se sentent sacrifiés au profit du TGV, et déplorent leurs propres conditions de transport. Trains en retard, supprimés, bondés, inconfort des rames, manque d'information : les habitués des lignes reliant Paris à Meaux, Nangis, Provins, Longueville, La-Ferté-sous-Jouarre ou Château-Thierry connaissent tous le même quotidien difficile dans les transports.
Question d'actu : Emission spéciale spéciale TGV-Est
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