France TélécomLe gouvernement a engagé la cession d'au moins 5% du capital de France Télécom, dont le produit sera affecté sous forme de "placement institutionnel accéléré" à la réduction de la dette de l'Etat "et des administrations publiques", comme le précise la loi, a indiqué dimanche le ministère de l'Economie. La cession prévue pourra aller jusqu'à 7% du capital suivant "la demande exprimée", précise Bercy. Au cours de l'action France Télécom de vendredi, la cession de 5% du capital rapporterait 2,7 milliards d'euros. L'Etat, qui détient actuellement 32,41% du capital de l'opérateur historique de télécommunications, verra donc sa part descendre dans une fourchette comprise entre 25,5% et 27,4% du capital.
Puisqu'il s'agit d'un placement institutionnel accéléré, les établissements financiers devront dire quelle quantité d'actionsils veulent acheter et à quel prix, avant de les proposer aux investisseurs. L'action France Telecom cotait 21 euros à la clôture de la Bourse de Paris vendredi. A ce prix, 5% du capital (130 millions d'actions) valent 2,73 milliards d'euros et 7% (180 millions d'actions) représentent 3,78 milliards. La dette publique française s'établissait fin 2006 à 1.142 milliards d'euros.
Offre spécifique pour les salariés
Concernant les futures relations de l'Etat avec France Télécom, Bercy a affirmé que l'Etat entendait demeurer un actionnaire significatif au capital de France Télécom "à moyen terme". Le ministère de l'Economie a précisé qu'"une offre spécifique sera ultérieurement proposée par l'Etat aux salariés et aux anciens salariés de l'entreprise". La dernière cession par l'Etat d'actions de France Télécom remonte à juin 2005. Elle portait sur 6,2% du capital et avait rapporté 3,4 milliards d'euros aux caisses de l'Etat.
L'Etat détient des participations plus ou moins importantes dans au moins une dizaine de sociétés cotées. Son portefeuille de participations cotées était évalué à 192,264 milliards d'euros vendredi soir à la clôture des marchés boursiers, selon le site internet de l'Agence des participations de l'Etat (APE). Outre des participations dans France Télécom, l'Etat détient notamment 87,32 d'EDF, 79,78% de Gaz de France et 68,39 d'Aéroports de Paris.
"Vente des bijoux de famille" pour les syndicats |
Des syndicats de France Telecom ont dénoncé lundi la "poursuite de la vente des bijoux de famille" après l'annonce surprise de Bercy, certains s'inquiétant de risque d'"OPA non maitrisée" voire d'une "montée des fonds de pension". "L'argument du désendettement de l'Etat va durer d'autant plus que les cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises sont un élément central de la politique gouvernementale", ajoute la fédération Sud-Télecoms. Pour le délégué central CGT, première organisation représentative, cette mesure va "contribuer officiellement au désendettement et au financement des cadeaux qui vont être faits au patronat", soit "plusieurs milliards d'euros d'exonérations de cotisations sociales". Pour la CGT, le désengagement de l'Etat "ne va pas du tout dans le sens de la garantie à tous d'une égalité de traitement vis-à-vis de l'accès au très haut débit". |
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