Dans les locaux du journal Les Echos © DR"Tout le monde a cessé le travail. On n'assurera pas la sortie du journal ce soir. L'équipe web a cessé immédiatement d'alimenter le site internet et ce jusqu'à (mercredi) 15h", a déclaré le président de la Société des journalistes (SDJ) Vincent de Féligonde. "On arrête toute lisibilité des Echos pour demain", a indiqué de son côté Katty Cohen, déléguée syndicale SNJ-CGT. Dans l'histoire du quotidien économique, c'est la deuxième grève. La première avait eu lieu en 1998 pour soutenir la vente du journal au groupe Pearson.
Cette fois-ci, c'est la situation inverse. Les salariés refusent de voir leur journal être vendu. Le groupe de presse et d'édition britannique Pearson a en effet confirmé mardi qu'il envisageait actuellement de céder le quotidien économique. Selon les syndicats, le processus de vente serait bel et bien lancé et non pas seulement à l'étude. Pearson rappelle que le groupe dont il envisage la vente comprend le quotidien économique Les Echos, le site internet lesechos.fr, le magazine Enjeux ainsi que "d'autres services d'information spécialisée". Le groupe a dégagé en 2006 un chiffre d'affaire de 126 millions d'euros et un bénéfice d'exploitation de 10 millions d'euros.
Inquiétude à La Tribune aussi
L'acquéreur serait le Pdg de LVMH, Bernard Arnault, qui proposerait plus de 200 millions d'euros. L'homme d'affaires serait entré en "négociation exclusive" avec le groupe Pearson "sur une offre dite préemptive".
"L'opposition des salariés est motivée par l'extrême inquiétude que suscite le non-respect manifeste de l'indépendance éditoriale des journalistes par l'acquéreur potentiel ainsi que les conflits d'intérêts qui pourraient en résulter", ont expliqué les syndicats et la Société des journalistes (SDJ) dans un communiqué commun. Avec LVMH, M. Arnault dirige un des poids-lourds du CAC 40, sur lequel ont régulièrement à écrire les journalistes du groupe. Ce proche de Nicolas Sarkozy possède également le principal concurrent des Echos, le quotidien économique La Tribune. L'inquiétude était également palpable parmi les salariés de La Tribune. Les journalistes craignent, eux, que le titre soit rapidement vendu si son propriétaire parvient à mettre la main sur les Echos.
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