© LCIA partir de ce 1er juillet, les ménages peuvent choisir leur fournisseur de gaz et d'électricité. Et opter soit pour des offres d'énergie à des prix réglementés, fixés par l'Etat et uniquement délivrés par EDF et Gaz de France, soit pour des offres à des prix libres, dits "de marché", proposées par les fournisseurs alternatifs mais aussi par EDF et GDF.
Mais étant donné que les prix administrés sont plus bas que ceux du marché, les 25 millions de clients particuliers d'EDF et les 11 millions de clients de GDF ne devraient pas changer de fournisseur du jour au lendemain. A titre d'exemple, au bout de trois ans, les entreprises sont peu nombreuses à avoir franchi le pas. Moins de 20% des sites professionnels avaient choisi début avril le marché libre, selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE). "Les tarifs réglementés sont bas, les gros opérateurs sont bons. Les facteurs de changement viendront progressivement des concurrents qui offriront de nouveaux services ou feront des offres spécifiques" comme l'électricité verte, explique Colette Lewiner, du groupe de conseil Capgemini. EDF dispose surtout d'un parc nucléaire qui lui permet d'avoir des coûts de production d'électricité peu élevés, qui se reflètent dans des tarifs réglementés nettement inférieurs aux prix de marché.
Des consommateurs méfiants ou mal informés
La libéralisation du marché est donc plutôt mal vue en France : selon un sondage rendu public vendredi par TNS-Sofres/Unilog, près de la moitié des Français craignent une hausse des prix de l'énergie. Un autre sondage CSA pour Le Parisien a révélé dimanche que seulement 1% ont envisagé de changer de fournisseur d'électricité. Surtout, les consommateurs ne semblent pas bien informés puisque seuls 12% des sondés de l'enquête de la Sofres savaient qu'à partir de cette année, ils pourront choisir leur fournisseur d'énergie. "Nous devons tous être vigilants, vigilants à l'évolution des prix, vigilants à ce que l'ensemble des acteurs jouent le jeu", a déclaré vendredi le nouveau secrétaire d'État à la Consommation Luc Chatel. Il a souhaité que la libéralisation "ait des effets positifs sur le pouvoir d'achat" des consommateurs, pour lesquels les factures d'énergie représentent environ 8% des dépenses annuelles.
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, en charge de l'énergie, a estimé que le rôle de l'Etat serait "de protéger et d'informer" les consommateurs. A cet égard, la CRE a installé un site internet www.energie-info.fr et ouvert un centre d'appel (0810.112.212). Les deux ministres ont aussi prévenu que la Direction générale de la Concurrence intensifierait ses contrôles. Quant à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, elle s'est félicité d'une décision prise jeudi par le Conseil de la concurrence, qui a sommé EDF de faire de nouvelles offres d'électricité de gros aux fournisseurs alternatifs. Elle a estimé qu'une "bonne autorité de régulation est en mesure d'influer sur les prix" à la baisse.
Comme pour donner l'exemple, le président de la CRE, Philippe de Ladoucette, a confié qu'il changerait de fournisseur d'électricité dès ce 1er juillet pour une offre à prix "de marché". Mais l'association de consommateurs UFC-Que Choisir ne l'entend pas de cette oreille. Elle a estimé vendredi que la décision du Conseil ne levait pas les risques d'une flambée des prix de l'énergie. Sur le marché libre, "il sera très improbable qu'un producteur puisse concurrencer l'opérateur historique", a estimé l'association, qui recommande toujours aux ménages de rester aux tarifs réglementés.
Charles Beigbeder, PDG de Poweoest l'invité du Journal de l'Economie lundi à 19h45 (Rediffusion à 20h50 et 21h50) |
|
D'après agence
Retour MYTF1

Chargement en cours...




