François Fillon et Anne-Marie Idrac, le 9 juin 2007 © LCITout avait été soigneusement préparé, comme il se doit, pour la cérémonie d'inauguration du TGV-Est... mais sans réussir à éviter les petits couacs. Côté pile, les paillettes : une cérémonie à grand renfort de confettis et de fumée avec le TGV en vedette ; un "village TGV" monté à Strasbourg et proposant un "voyage culinaire" représentant les régions traversées, du bretzel alsacien au jambon des Ardennes sans oublier les bergamotes de Nancy... Des invités prestigieux : Faudel, l'Orchestre national de Lorraine, les Swingle Singers... Des fêtes ponctuelles le long du parcours : un concert de Michael Nyman avait été programmé sur le parvis de la gare de Metz, ainsi qu'un spectacle pyrotechnique de Pierre-Alain Hubert... Et des commentaires enthousiastes de François Fillon : "Strasbourg à peu près à deux heures de Paris, c'était un rêve. Il a été réalisé".
Mais côté face, il y a aussi eu... une mini-polémique, qui s'est invitée au milieu de la machinerie bien huilée de l'inauguration. Tout d'abord François Fillon, tout en s'enthousiasmant pour le nouveau TGV-Est, a quelque peu égratigné les performances de la SNCF sur le fret et les trajets domicile-travail. "Des progrès restent encore à accomplir" dans ces domaines et "l'amélioration de certains services ne doit pas se faire au détriment des autres", a déclaré le Premier ministre lors de la fête organisée dans un parc de Strasbourg.
Petits conseils... et petites piques
François Fillon a donc réclamé à la SNCF "l'amélioration du service rendu à tous les clients", en soulignant "que des millions de Français utilisent quotidiennement le chemin de fer pour se rendre à leur travail et en revenir. Ils sont nombreux, ceux qui s'estiment délaissés parce qu'ils sont confrontés à l'inconfort ordinaire de certains trains. Il ne faut pas les oublier et mépriser leurs exigences". Pour le fret, il a estimé "qu'un effort en faveur d'infrastructures sera nécessaire, mais ne saurait suffire. Pour François Fillon, un véritable effort de rentabilité et surtout d'amélioration du service rendu au client doit être réalisé".
La présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac, a jugé peu après ces critiques "encourageantes", en expliquant que son ambition était de porter tous les services de la SNCF à la hauteur du TGV. Mais elle n'en a pas moins lancé une pique au Premier ministre en soulignant qu'il avait effectué en avion une partie du trajet vers Strasbourg, avant de monter dans le train inaugural à la gare Lorraine TGV. - une manière de voyager qu'elle a plaisamment qualifiée de "multimodale". Il est vrai que les journalistes présents dans le train, placés dans un wagon éloigné de celui dévolu au chef du gouvernement, n'avaient pas pu constater eux-mêmes sa présence au départ de la Gare de l'Est. "C'est un malentendu", a-t-on indiqué dans l'après-midi dans l'entourage de François Fillon, en soulignant que sa présence sur l'ensemble du parcours n'avait pas été annoncée.
La SNCF, pour sa part, n'a pas confirmé une information selon laquelle Anne-Marie Idrac aurait elle-même pris l'avion jusqu'à Luxembourg.
D'après agence
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