Xavier Bertrand © LCIAu lendemain de la découverte d'un nouveau suicide chez PSA Mulhouse les réactions sont marquées par l'inquiétude. La direction se dit "profondément touchée" par le drame survenu lundi et a rappelé les mesures prises pour prévenir ce phénomène, avec la mise en place d'un numéro vert et d'une cellule de veille.
Xavier Bertrand s'est quant à lui déclaré "préoccupé" par la série de suicides de salariés de PSA et a pris contact avec les directeurs des ressources humaines du groupe automobile à Paris et à Mulhouse. Le stress au travail fait partie des sujets qui seront débattus lors d'une conférence sociale tripartite (syndicats-patronat-gouvernement) sur les conditions de travail à la rentrée, a rappelé le ministère.
Sérieux dans son travail
Le profil du salarié décédé a été dévoilé mardi : l'homme était âgé de 55 ans. Il avait 29 ans d'ancienneté et était considéré comme "sérieux dans son travail, faisant preuve d'une très bonne adaptation à son poste", selon Patrice Le Guyader, directeur des ressources humaines de l'usine de Mulhouse.
Mardi matin, le Comité d'hygiène et de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) s'est réuni sur le site mulhousien du groupe automobile pour informer les syndicats des conditions de la découverte de ce sixième suicide d'un salarié du groupe depuis le début de l'année. Une enquête de gendarmerie est en cours pour déterminer plus précisément les circonstances du décès. La direction n'a "pas connaissance d'éléments constitutifs d'un message" expliquant son passage à l'acte, a-t-il ajouté.
Il y a un malaise
Chargé de livrer des pièces d'un magasin de stockage à la chaîne de montage, l'homme n'avait "à première vue pas de soucis au niveau du travail", a précisé Martial Petitjean, délégué CFE-CGC. Avec d'autres syndicats, la CFE-CGC s'accorde à reconnaître que "la situation de la société n'est pas florissante" et qu'il y a "un peu de tension" au sein de l'entreprise "parce que la charge de travail est élevée", selon Martial Petitjean. Une cellule d'assistance psychologique, composée de l'équipe médicale de l'usine assistée d'une équipe de médecins et psychologues du centre hospitalier de Mulhouse, a été mise en place et fonctionnera au moins jusqu'à la fin de la semaine, selon les besoins.
Pour Vincent Duse, délégué CGT, ces mesures "ne suffisent pas. Il y a un malaise, il faut traiter le problème à la base". "Le premier acte serait que la direction mette un terme aux courriers culpabilisants: il faut prendre des mesures concrètes", estime-t-il. La CGT avait révélé début juin que la direction exerçait des pressions sur certains salariés en congé maladie, en leur reprochant dans des courriers un "absentéisme personnel incompatible avec l'organisation industrielle" et avec leurs "obligations contractuelles".
Avec Agence
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