Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le 16 mai 2007, à Berlin © TF1/LCILa tâche s'annonce difficile. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se retrouvent lundi à Toulouse pour un sommet consacré principalement au groupe européen EADS et à sa filiale en difficulté Airbus, alors que des différends apparaissent dans le couple franco-allemand. Samedi, le président français a téléphoné à la chancelière, alors que les discussions se poursuivaient pour tenter de dégager une formule de gouvernance simplifiée du groupe d'aéronautique et de défense, à la direction actuellement bicéphale (lire l'article).
Au cours de longues semaines de négociations, un consensus s'est dégagé pour la simplification de la structure, mais reste à en désigner les responsables tout en préservant l'équilibre franco-allemand. Nicolas Sarkozy, qui a qualifié la réforme d'EADS de "priorité", s'est prononcé pour un élargissement du pacte d'actionnaires, mais les Allemands semblent réservés.
Le capital de la maison mère d'Airbus est réparti entre actionnaires français et allemands, privés et publics. D'un côté Lagardère et l'Etat français, de l'autre DaimlerChrysler et un consortium d'investisseurs incluant des Länder allemands. Mais le pacte d'actionnaires, conclu il y a sept ans, donne aux deux groupes privés le pouvoir de décision, avec une présidence bicéphale du conseil d'administration.
"Rendre EADS puissant"
Selon La Tribune de lundi, "Louis Gallois prendrait seul la présidence d'EADS tandis que Tom Enders serait nommé patron d'Airbus". D'autres hypothèses sont évoquées : Arnaud Lagardère serait nommé à la présidence d'EADS, fonction qu'il exerce déjà au côté de Rüdiger Grube. L'Allemand Thomas Enders, actuel coprésident exécutif, conserverait la direction générale tandis que son homologue, Louis Gallois, se verrait confier uniquement la présidence d'Airbus pour y mettre en oeuvre le plan de restructuration Power8. Un scénario toutefois compliqué par le fait que Louis Gallois ne souhaiterait pas travailler sous les ordres Thomas Enders, avec lequel il a jusqu'à présent traité d'égal à égal.
Dans un entretien au quotidien Handelsblatt de lundi, la chancelière allemande affirme que le groupe européen EADS doit être "géré par des considérations d'entreprise et non politiques". Il s'agit avant tout de trouver une structure de management plus efficace pour EADS afin de "rendre EADS puissant", indique-t-elle. "Notre rencontre à Toulouse peut y contribuer", selon elle.
| Chérèque favorable à "un seul pilote" à la tête d'EADS |
Le secrétaire général de la CFDT a estimé lundi sur LCI que "le problème n'est pas de savoir si c'est un Allemand ou un Français qui dirige l'entreprise", mais qu'il favorise l'emploi. "Il est important que la gouvernance se règle, il nous faut qu'un seul pilote à la tête d'EADS et en finir avec la double gouvernance", a-t-il expliqué. |
(D'après agence)
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