© TF1-LCISituée près d'Aix-en-Provence, c'est la plus grande zone commerciale d'Europe. Et elle se trouve, depuis plusieurs mois, en première ligne du débat sur l'ouverture des magasins le dimanche. Ce vendredi, au terme d'un long bras de fer, le préfet des Bouches-du-Rhône Michel Sappin a annoncé de nouvelles dérogations permettant l'ouverture dominicale de dizaines d'enseignes de Plan de Campagne.
Elles sont d'une durée de onze mois, jusqu'au 30 juin 2008. "J'ai déjà signé 45 dérogations qui prennent leur effet aujourd'hui. Nous allons en prendre des dizaines d'autres dans les prochains jours", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, en justifiant : "Tout autre décision serait catastrophique pour la zone". Une décision d'attente : il a émis le voeu que durant ces onze mois, partenaires sociaux et élus trouvent un accord pour revenir au "droit commun". Une décision, surtout, qui ne règle rien : CGT et CFDT ont d'ores et déjà affirmé leur intention de l'attaquer en justice. Comme elles l'avaient fait avec la précédente. "Nous sommes très en colère. Le préfet a décidé de manière délibérée de se placer en contradiction avec le droit et les décisions de justice sur le repos dominical. On est prêts à aller de nouveau en justice", a déclaré le délégué de la CFDT commerces et services dans les Bouches-du-Rhône.
Au bout de quarante ans de dérogations successives, les positions semblent plus figées que jamais entre tenants et opposants à l'ouverture le dimanche, malgré la kyrielle de recours en justice qui depuis le début de l'année, condamnent régulièrement des enseignes à la fermeture. Avant sa décision de vendredi, très attendue, le préfet avait rencontré lundi et mardi des élus et le patronat local, l'UPE (Union pour les Entreprises), ainsi que les syndicats CGT et CFDT.
En attendant une loi ?
Les deux syndicats accusent le patronat de "jouer la montre à coups de dérogations", dans l'espoir d'un changement législatif qui autoriserait le travail dominical sans aucune restriction. Le préfet lui-même, en annonçant ce vendredi les nouvelles dérogations, a d'ailleurs rappelé qu'une loi était en préparation sur le travail du dimanche et qu'on ne savait pas quel sera l'état de la législation au 30 juin 2008. Le Conseil du commerce de France (CdCF) qui représente plus de 50 fédérations et confédérations du commerce juge pour sa part "impératif de régler le problème juridique par une décision des pouvoirs publics".
"La zone a perdu 30% de chiffre d'affaires, soit 300 millions d'euros depuis le début de l'année, avec les fermetures dominicales de certaines enseignes", assure Stéphan Brousse, président de l'UPE. Selon le patronat local, pas moins d'un millier d'emplois (sur les 6000 de la zone commerciale) seraient menacés en cas de fermeture le dimanche.
Mais pour la CFDT et la CGT, le chiffre est "bien inférieur" et concerne une centaine d'étudiants qui "pourraient être reclassés dans un autre cadre". "Si on généralise le travail le dimanche, si on veut en faire un jour comme un autre, les compensations pour travail dominical disparaîtront", assure par ailleurs Avelino Carvalho (CGT). En outre, selon lui, Plan de Campagne "ne vit que parce qu'il est le seul dans la région à ouvrir le dimanche". Et pour Jean-Marc Cavagnara (CFDT), "tout le monde sait que cette zone est morte s'il y a une généralisation du travail le dimanche".
D'après agence
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