Les sponsors vont-ils prendre la clé des champs ?

Par , le 25 juillet 2007 à 20h17 , mis à jour le 26 juillet 2007 à 10h17

Le cyclisme est un des seuls sports où les équipes portent le nom des sponsors, un avantage dont se passeraient bien Cofidis et Astana cette année. Les nouvelles affaires de dopage risquent-elles de faire fuir les sponsors présents et dissuader les nouveaux ?

[Expiré] [Expiré] caravane FDJ Tour de France sponsor entreprises © AFP

"Sidérés, atterrés", voilà les premiers mots de la porte-parole de Cofidis après l'annonce mercredi d'un cas de dopage dans son équipe. Le spécialiste du crédit à la consommation avait déjà été dans la tourmente en 2003 et en 2004 avec des contrôles positifs de certains de ses coureurs mais n'avait pas pour autant jeté l'éponge. Mais après 10 ans de présence dans le cyclisme, Cofidis pourrait bien cette fois-ci se ranger des vélos. "Nous ne prendrons pas de décision dans l'immédiat, a déclaré Valérie Alexandre, responsable presse et porte-parole du groupe. Mais c'est sûr que cette nouvelle va être lourde de conséquences, cela veut dire que tout ce que nous avons mis en place depuis des années pour se prémunir du dopage ne sert à rien". Cofidis, qui a investi 10 millions d'euros dans son équipe cycliste en 2007, avait annoncé au début du Tour qu'il prendrait sa décision d'ici la fin de l'année.

Le Tour de France, une galère pour les sponsors ? Pas certain. Car, si 78% des Français doutent de l'honnêteté des victoires, plus de la moitié reste attachés au Tour de France. Et, élément déterminant pour les marques, cet amour est lisible dans les chiffres : 4 millions de téléspectateurs suivent quotidiennement le Tour de France, soit 40% de part de marché. Ils sont entre 13 et 15 millions à se presser le long des routes pour encourager les coureurs. De quoi attirer les sponsors même si le ticket d'entrée pour devenir partenaire est élevé : entre 3,5 et 15 millions d'euros pour avoir une équipe à son nom (T-Mobile, Astana, Cofidis, Rabobank ou encore Discovery Channel), entre 3 et 5 millions d'euros pour faire partie des partenaires privilégiés, "Club Tour de France", (Nestlé Aquarel, Champion, LCL ou Skoda) et 1 à 2 millions d'euros pour être partenaire officiel (Sagem, Orange, AG2R Prévoyance).

"La Ferveur est toujours là"

"En 2006, notre marque a été présente à l'antenne pendant 9500 secondes via des casquettes ou des banderoles. C'est exceptionnel pour nous", Eric Marchyllie, responsable du sponsoring chez Champion. La filiale du groupe Carrefour vient de reconduire son partenariat pour deux ans. Elle aurait pu s'engager pour plus longtemps mais attend de voir l'impact de l'ouverture récente de la publicité à la télévision au secteur de la distribution. Quant aux dommages que pourraient occasionner les affaires de dopage sur l'image des marques, la marque partenaire du maillot à pois avance un sondage réalisé auprès de ses clients en 2006 en pleine affaire Landis : seuls 4% associaient le cyclisme au dopage. "Si l'on punit les tricheurs tant mieux mais la ferveur populaire est toujours là", affirme Eric Marchyllie.

"Certaines marques peuvent d'ailleurs choisir d'être sponsor en communiquant justement sur son action pour la lutte contre le dopage", estime David Rouvière, directeur du département conseil de l'agence Derby, spécialisée dans les partenariats sportifs. "Aujourd'hui, je serais le directeur marketing de Rabobank (le sponsor de l'équipe Rasmussen), je me ferai du souci. Mais quand certains coureurs déclarent dans des interviews que leur sponsor ne leur met pas du tout la pression sur les résultats, la marque en sort grandie".

Des sponsors plus timides

La Française des Jeux, qui sponsorise une équipe, un investissement de 7 millions d'euros en 2007, s'enorgueillit d'être dans ce cas. "Nous avons des coureurs très jeunes dans notre équipe cette année. Ce serait idiot d'attendre d'eux qu'ils arrivent en tête sur les Champs-Elysées", estime Béatrice Mottier, porte-parole de la FDJ. Selon elle d'ailleurs, les Français savent faire la différence entre les équipes saines et les autres : "Nous sommes l'équipe préférée des Français", affirme-t-elle en citant un sondage.

Le dopage sans effet sur les sponsors du Tour de France, alors ? "Pas exactement. Avant, la discipline était incontournable car, avec la voile, c'est le seul sport où les équipes portent le nom du sponsor. Or, aujourd'hui il est rare qu'une entreprise désireuse d'associer son image à un sport nous parle de cyclisme", estime le directeur développement de l'agence de conseil Derby. Injuste, selon les professionnels du cyclisme et les sponsors eux-mêmes car on ne trouve que là où on cherche. Ils aimeraient que chaque discipline, et notamment le foot ou le tennis, fasse le même nettoyage dans leur rang. Du point de vue exclusif de la notoriété des marques, il n'est pas certain qu'une affaire de dopage soit néfaste. "Festina était une marque de montres assez peu connue avant que l'équipe de cyclistes de même nom ne fasse les titres des journaux", observe David Rouvière. En économie, l'estime vaut-elle mieux que la renommée ?

Par Sophie Lutrand le 25 juillet 2007 à 20:17
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36 Commentaires

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  • JAUME, le 27/07/2007 à 18h52

    Les sponsors sont également fautifs dans cette affaire. Il n'y a que l'argent qui compte. Est-ce qu'ils se soucient vraiment de ce fléau et surtout de la santé des sportifs.

  • GERARD CLERMONT, le 27/07/2007 à 18h51

    Je pense que le sponsoring du sport cycliste est très rentable.Il permet aux marques de se faire connaitre ( Super U, bouygues, Credit agricole, Gan, ...) Tous en ont récolté les fruits car en foot ou en rugby, les marques sont moins mise en évidence. D'autre part, dans les sports tels le foot, le tennis ou le rugby, les controles sont à l'age de pierre. Pourquoi? est ce normal? Quel est le rôle de la fédération pour la coupe du monde de Rugby: ont-ils les mêmes contrôles sanguins (inopinés) NON C'est dommage.

  • Christian, le 27/07/2007 à 11h20

    Les sponsors resteront dans le cyclisme, même avec les histoires de dopage, ils ont tout à y gagner, d'ailleurs s'ils avaient eu l'intention de quitter ce sport, ils l'auraient déjà fait en 1998 avec l'affaire FESTINA. Le cyclisme reste populaire et la pub sur les maillots reste lucratif, on dit le départ de ADIDAS, mais dans ce sport il ne représente pas grand chose, il préfère le Foot même si là on ne recherche pas les dopés.

  • Mic, le 26/07/2007 à 15h28

    TOUT A FAIT D'ACCORD AVEC LE POST SUIVANT: Vivement le retour au tour de france par équipes nationales et régionales. Là les responsables seront les fédérations qui auront interet à être propres

  • Thierry, le 26/07/2007 à 12h39

    Les punis sont les honnêtes . Ce qui tire la langue pour être dans les délais ! Aucune exposition médiatique alors qu'ils sont les seuls sportifs . Rabobank a eu raison de viré Rasmussen. Faire le ménage est bon mais si il faut pour cela faire que le Tour ait des années de vache maigre . Les années Armstrong et Cie doivent disparaitre !

  • Ramondenc, le 26/07/2007 à 12h33

    Je propose aux sponsors de venir voir les petites équipes qui elles ont besoins d'argent, et ne trichent pas... je m'occupe d'une équipe de rugby 1er série et je recherche des sponsors je certifie que mes joueurs ne se dope pas. Merci de venir nous voir. Véro

  • Lance, le 26/07/2007 à 12h30

    A Roger de Martigues: votre naïveté concernant le foot vous honore! Si on avait soumis les footballeurs à des prises de sang lors de la dernière Coupe du Monde (ce que refusent toutes les fédérations de foot (!?!)), il y aurait certainement eu des exclusions, et pas sur coup de tête! Arrêtons de jeter l'opprobe sur le cyclisme, le dopage existe dans TOUS LES SPORTS, la différence , c'est que le cyclisme accepte des contrôles sanguins que refusent toutes les autres fédérations sportives...pour des raisons monétaires!

  • Maxime, le 26/07/2007 à 12h13

    Je trouverais dommage que les sponsors lachent les equipes malgré ce qui se passe.Il faut noter que s'il y a des affaires de dopage dans le vélo c'est surtout parce qu'il des contrôles.Pourquoi n'a-t-on pas d'affaires dans le foot ou le rugby?Parce que les contrôles sont moins fréquents et au ssi parce que les méthdes sont différentes.Il n'y a pas de contrôles sanguins par exemple dans le foot,pourquoi?Car les instances les ont refusé.Or s'ils ont aucun risque pourquoi les refuser?Au lieu de taper sur le cyclisme qui se bat contre le dopage vaudrait mieux se demander pourquoi d'autres sport ne le font pas!!!

  • Ali, le 26/07/2007 à 12h12

    C'est scandaleux : il y a un maillot pour le meilleur grimpeur, le meilleur sprinter, le meilleur jeune ... mais pas pour le meilleur "docteur" ! Je propose qu'on introduise en 2008 le maillot à seringues (ou à poches de sang).

  • Collet Patrick, le 26/07/2007 à 12h08

    Pour plus avoir de dopage, une solution radical, pour tout les coureurs du Tour au départ comme a l'arriver de chaque étape un contrôle pour l?ensemble des coureurs, deuxième celui qui triche, exemple le maillot jaune il doit rembourser intégralement l?ensemble des participations cyclisme qui la fait et le remboursement de l'équipe des primes perçue et croyait moi, les tricheurs qui bafoue le sport ne verrait pas le jour. De plus pour le tour de France qui n'en ai pas un, car pour moi le tour de France et celui que l'on faisait dans le temps, c'est à dire le Vrais, pas cette parodie de tour ou on va en Angleterre, suisse, Allemagne etc. etc., pourquoi passer par la Russie, la Norvège. Le Tour doit rester sur le territoire Français comme dans le temps.

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