
Il avait refusé cette mission par trois fois. Marié et père de deux enfants, cet employé de Total, s'est vu proposer, en avril dernier, un poste de responsable géologue dans le cadre de l'exploitation d'un champ pétrolifère au Nigeria. Pour justifier son refus, l'homme a mis en avant sa situation familiale et la dégradation des conditions de sécurité dans ce pays.
De son côté, Total a indiqué que "la direction des ressources humaines a tout fait pour trouver un compromis et réfléchir à une solution qui l'aurait satisfait". "A Lagos (capitale du Nigeria, ndlr), la sécurité de nos salariés est assurée" et elle "reste notre première priorité", a ajouté une porte-parole. Dans la lettre de licenciement, le DRH de Total affirme que le "refus d'accepter une mobilité géographique à échéance d'un an vers le Nigeria constitue une violation (des) obligations contractuelles" du technicien. Selon la direction, cette mobilité spécifiée dans "l'article 3 de (son) contrat de travail, se traduit par des missions tant en France qu'à l'étranger en raison de la nature des activités" du groupe Total.
A l'annonce de la décision, les syndicats de Total ont protesté, estimant que les missions dans ces pays à risques devaient se faire sur "la base du volontariat". Le 2 août, Total a confirmé qu'un de ses employés avait été enlevé à Port-Harcourt (Nigeria). Depuis début 2006, quelque 200 expatriés, principalement des travailleurs du pétrole, ont été kidnappés dans cette région du Nigeria et généralement relâchés après une détention plus ou moins longue et paiement de rançon. Total compte 1.200 salariés au Nigeria, dont 900 locaux.
Avec Agence
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