Microsoft face à l'EuropeEngagée dans un combat de longue haleine contre les pratiques de Microsoft, la Commission européenne retenait son souffle. Son autorité de gendarme de la concurrence aurait pu prendre un coup - encore un - si l'amende et les mesures prises contre Microsoft il y a plus de trois ans n'étaient pas confirmées.
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Publié le 31/05/2007
La Commission peut donc souffler : la justice européenne vient d'approuver, pour l'essentiel, la condamnation pour abus de position dominante de Microsoft, que Bruxelles a prononcé en mars 2004 ainsi que l'amende record de 497 millions d'euros dont avait écopé le géant américain des logiciels. Elle a immédiatement "salué" cette décision, qui risque d'obliger le groupe de Bill Gates et Steve Ballmer à revoir ses lucratives pratiques commerciales.
Car Microsoft s'obstinait. Certes, la Commission européenne avait condamné l'éditeur de logiciels à cette amende d'un demi-milliard d'euros, la plus forte qu'elle ait jamais imposée à une entreprise. Mais plus que cette somme astronomique - une bagatelle pour un groupe multimilliardaire tel que Microsoft, l'entreprise américaine contestait les deux mesures correctives imposées par la Commission.
Position dominante
La Commission européenne avait en effet contraint Microsoft à commercialiser une version de son système d'exploitation Windows, qui équipe 92% des PC de la planète, purgée du logiciel Media Player. Elle estimait en effet qu'en intégrant automatiquement le lecteur Media Player à Windows, le groupe se servait de sa position dominante pour éliminer ses concurrents sur le marché des logiciels audio-vidéo.
Bruxelles avait également obligé le groupe de Redmond (nord-ouest des Etats-Unis) à fournir une meilleure documentation technique à ses concurrents, afin qu'ils puissent concevoir des logiciels compatibles avec la version Windows pour serveurs. La Commission a gagné presque sur toute la ligne. Le seul point rejeté par le tribunal est la désignation d'un expert indépendant chargé de contrôler l'application par Microsoft de la décision de mars 2004.
La victoire sur le volet Media Player est la plus importante pour la Commission, car, depuis des années, toute la stratégie de Microsoft est fondée sur l'intégration dans Windows de nouvelles fonctionnalités. La Commission estime que cette pratique a permis à Microsoft d'éliminer le navigateur Internet Netscape, puis le logiciel audio-video Real Player. Par ricochet, elle juge que cela sape l'innovation.
Le pire à venir ?
Un géant comme Microsoft dont le chiffre d'affaire est comparable au PIB d'un petit pays n'a pas l'habitude qu'on lui dicte sa conduite. Mais la Commission - qui fait bien plier des Etats - a tenu bon. Cet arrêt est un baume au coeur pour ce "gouvernement de l'Europe" qui craignait de voir une nouvelle fois annuler une de ses décisions. Microsoft peut toutefois faire appel.
Mais quelle que soit la décision du groupe américain, le pire est peut être à venir. D'une part, la Commission va être encouragée à lui chercher des noises sur le sol européen. Le groupe américain devra donc finit par se plier à la loi de la concurrence sur le Vieux continent. D'autre part, cette décision pourrait donner des idées aux régulateurs de toute la planète. Américains, Japonais, et Coréens qui, tous, ont déjà rappelé Microsoft à l'ordre, pourraient s'inspirer de cette intransigeance européenne.
Avec agence
| Réactions :Microsoft réfléchit, ses concurrents se réjouissent |
Microsoft n'a pas encore annoncé sa décision concernant un appel suite à la confirmation des sanctions européennes. Le ton du géant américain est très prudent : "Nous allons étudier cette décision soigneusement et si nous devons prendre des mesures supplémentaires pour nous conformer (à la décision de mars 2004), nous le ferons", déclare à Luxembourg le numéro trois de l'entreprise, Brad Smith, peu après le prononcé de l'arrêt. |
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