© LCIL'annonce d'une probable fusion entre le groupe privé d'énergie et d'environnement Suez et le groupe public Gaz de France n'a jamais été aussi imminente. Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, a déclaré samedi que les deux entreprises annonceraient elles-mêmes lundi si elles fusionnent ou non. Il ne devrait d'ailleurs pas manquer d'être interrogé sur ces possibles développements puisqu'il est l'invité dimanche soir de l'émission de rentrée Le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. Par ailleurs, le Premier ministre François Fillon lui succèdera lundi matin sur les ondes de France Inter. Cependant, selon Claude Guéant, ce sont bien les deux sociétés elles-mêmes qui devraient annoncer un accord ou pas sur leur rapprochement.
CA dimanche
Autres informations : la part de l'Etat dans la nouvelle entité issue de la fusion qui atteindrait 34% et les CA des deux entreprises sont convoqués dimanche, selon FO Energie qui affirme avoir eu un entretien téléphonique avec l'Elysée. Selon FO, le conseil d'administration de Gaz de France est convoqué dimanche à 18 heures. Le "projet est fondé sur deux principes : le recentrage du nouvel ensemble sur l'énergie, et donc la sortie de l'environnement, et un montage financier qui laisse cependant la part de l'Etat à 34%", affirme-t-il. "L'entrée en vigueur de la fusion devrait, nous dit-on, prendre plusieurs mois compte tenu qu'elle est conditionnée à la création effective de l'entité environnement de Suez et de sa mise en Bourse", ajoute-t-il. Pour FO, "il s'agit bel et bien d'une privatisation puisque les capitaux publics sont inférieurs à 50%".
La CGT parle elle d'une participation de l'Etat à hauteur d'environ 40% du capital. Même discours que FO : la CGT donne ce chiffre après une entrevue entre le président de la République et le secrétaire général de la fédération mines et énergie du syndicat. Et selon les syndicats, en plus d'un conseil d'administration, la direction de GDF a convoqué dimanche un comité d'entreprise (CE) et un comité d'entreprise européen (CEE), mais plusieurs syndicats envisageraient de ne pas répondre à cette convocation.
Colère de FO
"Sur le plan de la méthode, l'attitude du Président de la République consistant à négocier avec les actionnaires de Suez (le milliardaire Albert Frère en particulier) sans qu'il ne songe à informer les représentants des salariés ni de Gaz de France, ni même des salariés de l'environnement de Suez, de ces tractations en dit long sur son sens du dialogue social", déplore FO, qui "rejette totalement ce nouveau montage".
FO Energie regrette en particulier le fait "que le nouvel ensemble qui gère le service public du gaz n'appliquerait plus la loi du 26 juillet 1983 sur la démocratisation du secteur public qui impose la présence obligatoire de six représentants des salariés dans les Conseils d'Administration". Plus généralement, "il s'agit clairement d'un reniement des engagements du
Président de la République", ajoute le communiqué de FO, qui "demande à être reçue dans les meilleurs délais par les pouvoirs publics". Le projet "pose en outre la question de l'avenir du service public de distribution, service de 50.000 personnes commun entre EDF et Gaz de France", s'inquiète le syndicat.
L'annonce officielle de la fusion donnerait naissance au troisième groupe mondial des entreprises cotées du secteur gaz et électricité.
| La CFE-CGC contre la privatisation de GDF |
Le Pdg de Suez Gérard Mestrallet aura bien, "au final, fait plier les pouvoirs publics français", regrette la fédération CFE-CGC des Industries électriques et gazières (IEG), samedi dans un communiqué. "Si les informations (sur une possible fusion entre Suez et Gaz de France) sont avérées dans les jours qui viennent, c'est bien au final Gérard Mestrallet, le pdg de Suez, qui aura fait plier les pouvoirs publics français", dénonce le syndicat, qui "exige que le gouvernement renonce à la privatisation de Gaz de France, et conserve la majorité du capital du nouveau groupe". |
(D'après agence)
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