La centrale nucléaire de Dampierre, dans le Loiret © TF1-LCINicolas Sarkozy l'a souvent dit, il souhaite voir émerger un acteur puissant dans le domaine du nucléaire. Officiellement, pour cela, toutes les options sont ouvertes. Mais en pratique, s'il faut en croire Les Echos, c'est toujours l'option d'un rapprochement Areva-Alstom qui tient la corde. Selon le journal économique, à la demande de l'Elysée, un groupe de travail a été constitué pour plancher sur l'avenir du groupe nucléaire Areva.
Selon une source proche du dossier, l'Agence des participations de l'Etat, qui dépend du ministère de l'Economie, a fait appel aux conseils de la banque britannique HSBC et du cabinet américain McKinsey pour étudier les scénarios de refonte du capital d'Areva. Selon Les Echos, un scénario serait aujourd'hui clairement privilégié : celui d'une fusion pure et simple Areva-Alstom, les activités du nouvel ensemble étant filialisées par métier.
Sans confirmer, le ministère de l'Economie dit étudier "toutes les options" concernant une éventuelle refonte du groupe nucléaire public Areva. Quant à l'Elysée, il confirme mener "une réflexion stratégique" sur l'avenir de la filière énergétique. "C'est une réflexion stratégique à long terme mais il n'y a pas d'urgence", a déclaré le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, en marge d'un déplacement du président Nicolas Sarkozy à Rennes. Il a toutefois indiqué que la privatisation du spécialiste de l'énergie nucléaire Areva n'était pas à l'ordre du jour.
Les questions en suspens
Si cette hypothèse d'un rapprochement Areva-Alstom semble donc privilégiée, elle n'en pose pas moins de nombreuses questions auxquelles il faudra apporter des réponses. Celle par exemple du rôle de l'Allemand Siemens. Fin juillet, les spéculations avaient repris avec l'annonce par l'hebdomadaire économique de Düsseldorf, WirtshaftsWoche, que Nicolas Sarkozy souhaitait un rachat par l'Etat français de la part (34%) détenue par Siemens dans Areva NP, la filiale d'Areva chargée de la construction des réacteurs nucléaires, notamment de l'EPR. Une hypothèse que l'Elysée avait refusé de commenter. Lundi, lors de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy, la chancelière Angela Merkel s'est dite pour la poursuite du partenariat industriel.
Car au-delà de Siemens, se pose la question des attitudes respectives de Paris et de Berlin face au nucléaire : lundi, le président français a lancé ainsi lundi un appel appuyé à l'Allemagne à revenir à une politique énergétique incluant, à côté des énergies renouvelables, l'option nucléaire, à laquelle le gouvernement allemand de coalition a pourtant renoncé. Des questions se posent aussi, dans cette hypothèse d'un rapprochement Areva-Alstom, sur les rôles à venir d'EDF ou de Total. Ou encore sur la sécurisation des activités sensibles avec le rôle accru du secteur privé. Peut-on, par exemple, laisser une entreprise privée gérer l'usine de retraitement de La Hague ?
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